CCVII

Paris, 12 août 1859.

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Je vous ferai une visite avant la fin de ce mois. Très-probablement

je ferai une excursion en Angleterre avant d'aller en Espagne. Je ne

sais même pas trop si j'irai en Espagne. On dit que le choléra y est

en ce moment, ce qui chassera sans doute les amis que je voulais voir.

Dites-moi donc à quelle époque je puis vous aller voir vous-même? Quand

vous voulez que les négociations durent, vous êtes plus habile que les

diplomates autrichiens à trouver des moyens dilatoires. Répondez-moi

vite. Il est bien entendu que je comprendrai toujours les bonnes

raisons, les objections raisonnables; mais, alors, qu'on me les dise

avec netteté et franchise. Vous pensez bien que, toutes les fois qu'il

s'agirait de choisir entre un très-grand bonheur pour moi et le plus

petit inconvénient pour vous, je n'hésiterais jamais. Je vous ai dit

que je lis les _Lettres de madame du Deffand_[1], les nouvelles. Elles

sont très-amusantes et donnent, je crois, une assez bonne idée de la

société de son temps. Mais il y a beaucoup de rabâchage. Vous lirez

cela, si vous voulez.

Adieu.

[1]Les dernières _Lettres de madame du Deffand_ qui venaient de

paraître.

Lettres à une inconnue, Tome Deuxième Précédée d'une étude sur P. Mérimée par H. Taine · 第 46 / 183 题