Paris, 12 août 1859.
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Je vous ferai une visite avant la fin de ce mois. Très-probablement
je ferai une excursion en Angleterre avant d'aller en Espagne. Je ne
sais même pas trop si j'irai en Espagne. On dit que le choléra y est
en ce moment, ce qui chassera sans doute les amis que je voulais voir.
Dites-moi donc à quelle époque je puis vous aller voir vous-même? Quand
vous voulez que les négociations durent, vous êtes plus habile que les
diplomates autrichiens à trouver des moyens dilatoires. Répondez-moi
vite. Il est bien entendu que je comprendrai toujours les bonnes
raisons, les objections raisonnables; mais, alors, qu'on me les dise
avec netteté et franchise. Vous pensez bien que, toutes les fois qu'il
s'agirait de choisir entre un très-grand bonheur pour moi et le plus
petit inconvénient pour vous, je n'hésiterais jamais. Je vous ai dit
que je lis les _Lettres de madame du Deffand_[1], les nouvelles. Elles
sont très-amusantes et donnent, je crois, une assez bonne idée de la
société de son temps. Mais il y a beaucoup de rabâchage. Vous lirez
cela, si vous voulez.
Adieu.
[1]Les dernières _Lettres de madame du Deffand_ qui venaient de
paraître.