Paris, 23 avril 1859.
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Je suis tout malade des nouvelles, bien qu'elles ne m'aient pas
surpris[1]. Maintenant, tout est livré au hasard. Je suppose que
votre frère est à faire ses paquets. Je lui souhaite tout le bonheur
possible. Je suppose que la guerre sera assez chaude d'abord, mais pas
longue. L'état financier de tout le monde ne permet pas de la faire
durer. Hier, en me promenant dans les bois, où il y a une prodigieuse
quantité d'oiseaux, il me semblait étrange que, par ce temps-là , on
s'amusât à se battre. J'espère que les _Mémoires de Catherine_ vous
sont agréables. Cela a un parfum de couleur locale qui me plaît fort.
Quelle drôle de chose qu'une grande dame de ce temps, et comme il
résulte clairement de ce récit qu'il n'y avait que l'étranglement qui
pût remédier à un animal comme Pierre III. On m'a donné à lire un
roman de lady Georgiana Fullerton, écrit en français, pour que je note
les passages qui laissent à désirer. Il n'est question que de paysans
béarnais qui mangent des tartines et des Åufs pochés, et qui vendent
trente francs un panier de pêches. C'est comme si je voulais écrire
une nouvelle chinoise. Vous devriez bien prendre cela et me faire des
corrections pour ma peine de vous prêter tant de livres que vous ne
m'avez jamais rendus. Je suis allé hier à l'Exposition, qui m'a semblé
d'un médiocre désespérant. L'art tend à un nivellement qui est au fond
la platitude. . . . . . . .
[1] La guerre d'Italie.