CXCVII

Paris, 23 avril 1859.

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Je suis tout malade des nouvelles, bien qu'elles ne m'aient pas

surpris[1]. Maintenant, tout est livré au hasard. Je suppose que

votre frère est à faire ses paquets. Je lui souhaite tout le bonheur

possible. Je suppose que la guerre sera assez chaude d'abord, mais pas

longue. L'état financier de tout le monde ne permet pas de la faire

durer. Hier, en me promenant dans les bois, où il y a une prodigieuse

quantité d'oiseaux, il me semblait étrange que, par ce temps-là, on

s'amusât à se battre. J'espère que les _Mémoires de Catherine_ vous

sont agréables. Cela a un parfum de couleur locale qui me plaît fort.

Quelle drôle de chose qu'une grande dame de ce temps, et comme il

résulte clairement de ce récit qu'il n'y avait que l'étranglement qui

pût remédier à un animal comme Pierre III. On m'a donné à lire un

roman de lady Georgiana Fullerton, écrit en français, pour que je note

les passages qui laissent à désirer. Il n'est question que de paysans

béarnais qui mangent des tartines et des œufs pochés, et qui vendent

trente francs un panier de pêches. C'est comme si je voulais écrire

une nouvelle chinoise. Vous devriez bien prendre cela et me faire des

corrections pour ma peine de vous prêter tant de livres que vous ne

m'avez jamais rendus. Je suis allé hier à l'Exposition, qui m'a semblé

d'un médiocre désespérant. L'art tend à un nivellement qui est au fond

la platitude. . . . . . . .

[1] La guerre d'Italie.

Lettres à une inconnue, Tome Deuxième Précédée d'une étude sur P. Mérimée par H. Taine · 第 36 / 183 题