Les communes flamandes entraînées par leur isolement et leur

décadence, restent étrangères à ces vastes démêlés, mais elles

conservent fidèlement les orageuses traditions de leur passé. Elles

oublient que Charles-Quint est né au milieu d'elles, pour placer plus

haut que la part qu'elles peuvent revendiquer dans sa gloire, le zèle

qu'elles portent à leurs antiques franchises. Si elles s'inclinent un

jour sous la main victorieuse d'un prince qui, même en combattant sa

patrie, n'a jamais cessé de l'aimer, un siècle entier pendant lequel

s'appesantit sur elles le joug espagnol ne peut les asservir, et Jean

d'Hembyze, au milieu des passions anarchiques qui l'assiégent, devra

à Jacques d'Artevelde tout ce qu'il y a de grand et de digne de

mémoire dans sa vie et dans sa mort. Telle est la puissance des

souvenirs d'une ère héroïque et prospère qu'à la fin du dix-huitième

siècle, dans les assemblées populaires convoquées par les commissaires

de la république française, on voit encore les bourgeois de Gand et de

Bruges repousser les innovations qu'on leur propose pour réclamer les

priviléges de leurs ancêtres.

La vie communale, en devenant étrangère à l'autorité politique,

s'était maintenue dans les lois et dans les usages. Une longue

expérience en avait fait apprécier les bienfaits, et le respect dont

elle était entourée était d'autant plus profond que son origine était

plus éloignée; mais rien ne retraçait l'éclat dont ces institutions

avaient joui autrefois, la puissance qui y avait été attachée,

l'influence qu'elles avaient exercée. En vain s'était-on efforcé à

plusieurs reprises de rappeler le commerce dans ces villes mornes et

désertes qui lui avaient dû leurs richesses et leur célébrité; en vain

avaient-elles demandé aux arts et aux lettres quelques-uns de ces

pâles rayons qui se mêlent si bien aux ombres des ruines: la Flandre

n'offrait plus que le tombeau de sa grandeur passée, _famosum

antiquitatis sepulcrum_, dit un historiographe du dix-septième siècle,

et l'avenir ne lui réservait d'autre couronne que celle que le

laboureur tresse encore aujourd'hui des riches épis de ses moissons.

FIN DU TOME QUATRIÈME ET DERNIER.

TABLE.

Pages.

LIVRE DIX-HUITIÈME.--Nouveaux projets de croisade.--Le

Dauphin en Flandre.--Discordes du duc Philippe et du comte

de Charolais. 1

LIVRE DIX-NEUVIÈME.--Charles le Hardi ou le

Terrible.--Rivalité du duc de Bourgogne et du roi de

France.--Sédition à Gand.--Résistance de l'esprit

communal.--Batailles de Granson, de Morat et de Nancy 54

LIVRE VINGTIÈME.--Marie de Bourgogne.--Troubles en

Flandre.--Guerres contre Louis XI 121

LIVRE VINGT-UNIÈME.--Discussions relatives à la

mainbournie.--Intervention de Charles VIII.--Captivité de

Maximilien.--Décadence et fin des communes flamandes 186

FIN DE LA TABLE DU TOME QUATRIÈME ET DERNIER.

Histoire de Flandre (T. 4/4) · 第 27 / 27 段