130, milieu de l'ancienne digue
de la pointe A » 5 6
_Id._ ancienne rivière,--A » 1 »
200, milieu de la digue de Bezons.» 7 »
_Id._ ancienne rivière » 1 6
300, nouvelle » 9 6
400, _id._ » 11 6
500, _id._ 1 » 4
600, _id._ 1 1 2
700, _id._ 1 2 »
770, digue de la Morue 1 5 »
_Id._ ancienne rivière » 4 »
800, nouvelle 1 5 8
900, _id._ 1 6 6
1,000, _id._ 1 8 »
1,200, pointe de la petite île de
Carrière 1 9 4
1,400, petite porte des jardins de
Carrière 1 10 8
1,600, nouvelle 2 » »
1,800, _id._ 2 1 2
2,000, nouvelles perches pour le
poisson 2 2 4
2,200, nouvelle. 2 3 »
2,350, le dessus du pont de Chatou. 2 3 6
2,400, milieu de la digue de Chatou. 2 4 3
_Id._ ancienne rivière. 1 10 6
2,600, nouvelle. 2 7 6
2,800, _id._ 3 1 »
3,100, milieu de la digue de Croissy. 3 8 9
_Id._ ancienne rivière. 2 1 »
3,200, nouvelle. 4 » 6
3,400, _id._ 4 9 3
3,600, _id._ 5 4 6
3,800, _id._ 5 9 9
3,900, digue de la Chaussée. 5 11 »
_Id._ ancienne rivière. 2 4 »
4,000, nouvelle. 6 1 »
4,250, nouvelle vis-à-vis la machine. 6 4 »
_Id._ ancienne au-dessus de la machine. 2 6 »
_Id._ ancienne sous la machine. 6 8 9
Pointe de Bezons. » 2 3
Ancienne digue de la pointe,
nouvelle rivière. » 8 6
Ancienne rivière. » » »
Digue de Bezons, nouv. riv. » 10 9
Ancienne rivière. » » 3
Digue de la Morue, nouv. r. 1 8 2
Ancienne rivière. » » 3
Digue de Chatou, nouv. riv. 1 11 4
Ancienne rivière. 1 8 4
Digue de Croissy, nouv. riv. 4 1 2
Ancienne rivière. 2 1 8
Digue de la Chaussée, n. r. 6 2 2
Ancienne rivière. 2 2 6
Nouvelle rivière vis-à-vis la
machine. 6 10 »
Ancienne rivière au-dessus
de la machine. 2 7 4
Ancienne rivière au-dessous
de la machine. 7 1 4
Pentes des rivières de Seine, depuis 100 toises au-dessus de la pointe
de Bezons, jusqu'à la machine, toutes lesdites pentes et les longueurs
étant prises à l'égard desdites 100 toises.--La digue n'étant pas
fermée.
Longueurs. Pieds. Pouces. Lignes.
100, pointe de Bezons, anc. riv. » 2 »
_Id._ _id._ nouv. r. » 2 »
130, ancienne digue de la pointe,
ancienne rivière. » 1 »
_Id._ ancienne digue de la pointe,
nouvelle rivière. » 5 »
200, digue de Bezons, anc. riv. » 1 6
_Id._ _id._ nouv. r. » 7 »
770, digue de la Morue, anc. riv. » 4 »
_Id._ _id._ nouv. r. 1 5 »
2,400, digue de Chatou, anc. riv. 1 10 6
_Id._ _id._ nouv. r. 2 4 3
3,100, digue de Croissy, anc. riv. 2 7 »
_Id._ _id._ nouv. r. 3 8 9
3,900, digue de la Chaussée; a. r. 2 4 »
_Id._ _id._ n. r. 5 11 »
4,250, Ancienne rivière au-dessus
de la machine. 2 6 »
Nouvelle rivière vis-à-vis la
machine. 6 4 »
Ancienne rivière au-dessous
de la machine. 6 8 9
Les divers devis pour les digues sont de l'année 1681, et signés de
Colbert.
Extrait des archives de la machine de Marly.
NOTE Nº 7.
Les renseignements suivants ont été pris dans les archives de la machine
de Marly:
1º La tour en pierre et l'aqueduc de Louveciennes ont été construits en
1684, sur les plans et sous la direction de Mansart. Les devis de ces
constructions, signés de lui, sont aux archives de la machine.
2º Dans un rapport de M. Lucas, contrôleur de la machine, adressé en
janvier 1784 à M. le comte d'Angeviller, on trouve l'observation
suivante sur la cause qui fit élever la tour:
«Le point capital de l'établissement de la grande tour a été d'y monter
l'eau de la rivière, afin de dominer tous les endroits où cette eau
communique.»
3º Dans une note sur les contrôleurs, qui paraît aussi avoir été écrite
par M. Lucas, on lit:
«M. Delespine père, contrôleur de la machine, l'a été environ
quarante-quatre ans; il est entré au département de la machine en 1707,
sous le règne de Louis XIV, et sous le gouvernement du chevalier Arnold
de Ville, qui n'est mort qu'en 1722. Il était gouverneur (M. de Ville)
depuis le commencement de la machine, et a été le seul qu'il y ait eu
dans ce département.»
Et plus loin:
«Après M. Lambert, qui a été le premier contrôleur, c'est M. _Cochu_ qui
l'a remplacé. Il était ingénieur des fortifications que l'on faisait
dans ce temps a Maubeuge, et c'est le chevalier de Ville qui l'a tiré de
cet endroit pour le faire venir à la machine.»
4º En 1792, M. Gondouin, contrôleur, adresse à M. Laporte, intendant de
la liste civile, un rapport dans lequel il fait l'historique suivant des
officiers de la machine:
«Lors de la construction de la machine, en 1680, le sieur de Ville,
mécanicien et inventeur de la machine, en fut nommé le gouverneur, avec
18 à 20,000 livres, et le logement du pavillon de Luciennes, occupé
aujourd'hui par madame du Barry. Les sieurs Lambert, Petit et Cochu,
successivement contrôleurs, jusqu'en 1683, eurent 4,000 livres
d'appointements, et 1,000 livres de gratification. Le sieur Delespine
père eut le même traitement jusqu'en 1742, où il fit recevoir son fils
adjoint à sa place, et demanda que sur les 4,000 livres de traitement il
en fût donné 1,000 livres a son fils. A la mort de M. Delespine père, le
fils lui succéda jusqu'en 1749, et il n'eut plus pour appointements que
3,000 livres et 1,000 livres de gratification. Le sieur Tarbé succéda au
sieur Delespine fils en 1749, avec les mêmes appointements jusqu'en
1754, où il obtint de commuer en pension sa gratification de 1,000
livres. Le sieur Lucas succéda au sieur Tarbé en 1768, et n'eut plus que
3,000 livres, sans aucune espèce de gratification, ce qui est mon
traitement actuel.»
5º Les personnes qui attribuent à Rennequin l'invention de la machine
donnent comme une preuve les faveurs du gouvernement envers sa famille;
et ils racontent qu'une demoiselle Lambotte, presque centenaire, et
petite-nièce de Rennequin, était logée aux bâtiments de la machine, et
jouissait d'une pension prise sur les fonds affectés à l'entretien de
l'établissement. On va voir par la lettre ci-après quelles étaient ces
faveurs du gouvernement.
Lettre du sieur Lucas, contrôleur de la machine, à M. le comte
d'Angeviller:
«Monsieur le comte,
»J'ai l'honneur de vous informer du décès de mademoiselle Marie-Benoist
Lambotte, fille d'un ancien inspecteur de ce département, qui jouissait
d'un petit logement dans les mansardes au-dessus de celui de
l'inspecteur actuel, et d'une pension de 400 livres sur le trésor royal.
»Je suis, etc.»
C'était là une faveur que l'on accordait a toutes les femmes des
employés de la machine morts en exercice.
NOTE Nº 8.
Renseignements sur de Ville et Rennequin, puisés dans divers ouvrages:
1º Curiosités de Paris, de Versailles, Marly, Vincennes, Saint-Cloud et
ses environs, par Claude Saugrain; Paris, 1716.
Cette machine (de Marly) étonnante _a été inventée par le chevalier de
Ville_, et n'a sûrement jamais eu de pareille dans le monde.
2º Nouvelle description des châteaux et parcs de Versailles et de Marly,
par Piganiol de la Force; Paris, 1764.
La grosseur de ce volume, dit Piganiol, suffirait à peine pour en
décrire la construction (de la machine), les mouvements et les effets.
Peu de gens sont d'ailleurs capables de les comprendre, puisque _M. de
Ville assure qu'il n'a presque trouvé que feu M. le maréchal de Vauban
qui, en voyant ce merveilleux ouvrage, en ait connu la plupart des
effets_.
3º Dictionnaire géographique, historique et politique des Gaules et de
la France, par l'abbé Expilly; Amsterdam, 1766.
_Cette machine a été inventée par le chevalier de Ville_.
4º État de la France.--Janvier 1708.
La machine de Marly, qui fournit d'eau de la rivière de Seine les
châteaux de Marly, de Versailles et de Trianon.
_M. le baron de Ville_ a le gouvernement et la direction de cette
machine, lequel a d'appointements et de pension 12,000 livres.
Entretien de la ferrure des pistons et de la serrurerie des bâtiments,
le sieur Lempérier.
Entretien des ouvrages de cuivre, le sieur Lemoine.
Entretien des couvertures des maisons dépendantes de la machine, le
sieur Charuel.
Entretien des cuirs forts pour les pompes, le sieur Nolant.
Entretien de la maçonnerie, du moellon et cailloux des digues, le sieur
Loison.
Entretien des vitres, le sieur Cosset.
Entretien du pavé des puisards, le sieur Regnout.
Un contrôleur, M. Delespine.
Un garde-magasin, le sieur Creté.
Un charpentier liégeois, le _sieur Rennequin_.
Les fêtes et dimanches, les Récollets viennent dire la messe à cette
machine pour les ouvriers.
NOTE Nº 9.
L'ARRIVÉE DE LA SEINE AU CHATEAU DE MARLY.
Poëme, par M. Cassan, _Mercure galant_, année 1699.
L'auteur décrit d'abord le cours de la Seine avant son arrivée au
château de Marly.--Au moment où le fleuve se resserre par suite des
travaux d'endiguement, il décrit ainsi la machine:
Mais enfin son penchant lui faisant violence,
L'entraîne dans ce lieu, malgré sa résistance,
Et fait voir à la nymphe, au delà du tournant,
Le formidable objet d'un travail surprenant.
Comme on voit en hiver la forêt des Ardennes,
Quand la bise a fait choir le feuillage des chênes,
Et chassé les voleurs de tous les défilés,
Présenter ses vieux troncs qui paraissent brûlés;
Ainsi se voit de loin la machine effroyable,
Ouvrage de nos jours, qui paraît incroyable,
Avec tout l'attirail de son corps hérissé
De rouage et de ponts, l'un sur l'autre exhaussé,
Dont les bras, s'étendant vers le haut de la côte,
Meuvent les balanciers comme on voit une flotte,
Que la vague entretient dans le balancement,
Incliner tous ses mâts à chaque mouvement.
Quoi! dit-elle en voyant la machine étonnante,
Serai-je donc contrainte à poursuivre ma pente,
Et me faire rouer parmi tous les ressorts
Que je vois remuer par de si grands efforts!
Non, non, dit-elle alors, la nymphe de la Seine
Se mêlera plutôt avec l'eau qui l'entraîne,
Et, par son changement, saura bien éviter
Les outrages cruels qu'elle voit apprêter.
Ainsi dit, à l'instant elle se rend liquide;
Son corps va se mêler avec l'onde rapide,
Et, dans le fil de l'eau, tâche de s'allonger,
Croyant par ce moyen éviter le danger.
Mais en vain, car aux ponts cent pompes aspirantes
L'enlèvent de son lit à reprises fréquentes,
Et la livrent ensuite aux pistons refoulants,
Qui font pour l'enlever des efforts violents.
Alors par ces efforts elle sent qu'elle monte
Vers le haut du coteau dans des tuyaux de fonte,
Qui vont la revomir au prochain réservoir,
Où cent autres tuyaux viennent la recevoir.
Là, les pistons changeant leur manière ordinaire,
Pressent de bas en haut par un effet contraire.
Elle reçoit le jour pour la seconde fois,
Et reprend en ce lieu l'usage de la voix,
Pour se plaindre en passant _du chevalier de Ville_
Qu'elle voit sur sa gauche avec son air tranquille.
_Qui t'oblige_, dit-elle, _avec ton art maudit,
A venir malgré moi m'enlever de mon lit_?
A ces mots les pistons lui coupant la parole,
Le clapet la retient, s'ouvrant à tour de rôle,
Et la fait parvenir, après tant de détours,
Sur le haut du regard pour lui donner son cours.
De là sur l'aqueduc, sa pente naturelle
Lui fait prendre bientôt une route nouvelle.
Enfin elle descend par des tuyaux de fer
Dans un long réservoir appelé _Trou d'Enfer_.
Après cette description, le poëte la fait arriver dans les jardins de
Marly, où, brillant d'un nouvel éclat, elle concourt à l'ornement des
jardins du grand roi.
Ces vers sont reproduits dans _le Mercure de France_ d'avril 1739.
NOTE Nº 10.
En 1681, Charles II d'Angleterre, sachant combien Louis XIV désirait
avoir de l'eau à Versailles, lui envoya sir Samuel Morland, célèbre
mécanicien anglais. Ce sir Morland fut d'abord employé par Cromwell à
des missions diplomatiques. Après le rétablissement de Charles II sur le
trône, il fut tout à fait dans les bonnes grâces du roi, qui le créa
baronnet, gentilhomme de la chambre privée, et le nomma maître des
mécaniques du roi. Il venait d'inventer une machine qui élevait l'eau de
la Tamise jusqu'à la plus haute corniche du château de Windsor, quand
Charles II, croyant faire plaisir au roi de France, lui envoya cet
ingénieur. En 1683, Morland fut reçu par Louis XIV, dans son château de
Saint-Germain, où il lui expliqua ses inventions. Il chercha à démontrer
au roi qu'à l'aide d'une mécanique beaucoup plus simple et bien moins
dispendieuse que la machine de Marly, il obtiendrait un résultat bien
plus satisfaisant, puisqu'il avait la prétention de faire arriver d'un
seul jet l'eau de la Seine sur les hauteurs de Louveciennes. Il paraît
que ses démonstrations ne convainquirent pas le roi, puisque l'on n'en
continua pas moins les travaux de la machine. Il fit un essai de son
invention au château du président de Maisons; cet essai n'eut point un
résultat favorable; il en explique la raison dans un ouvrage qu'il
publia en 1685, intitulé:
Élévation des eaux pour toutes sortes de machines, réduites à la mesure,
au poids, à la balance, par le moyen d'un nouveau piston et corps de
pompe, et d'un nouveau mouvement cyclo-elliptique, en rejetant l'usage
de toute sorte de manivelles ordinaires.--Paris, Michallet, 1685, in-4º.
Après avoir décrit sa nouvelle invention, il parle ainsi des
explications qu'il fit devant Louis XIV:
«C'est par le moyen de cette nouvelle manière de piston, corps de pompe,
et mouvement cyclo-elliptique, que l'on peut aisément, et en peu de
temps, fabriquer une petite machine et la réduire à la mesure, au poids
et à la balance, conformément aux démonstrations oculaires et
convaincantes que j'ai eu l'honneur de montrer au roi, à Saint-Germain,
en l'année 1683. Et cette machine, dont la construction ne montera pas à
une grande somme, ni son entretien annuel à dix pistoles, peut pousser,
par la force d'un cheval, tout le produit d'eau de la fontaine de la
ville d'Avrée, jusqu'au haut du château de Versailles, d'ici à cent
années, tout au long du grand chemin, dans un tuyau de plomb d'environ
sept lignes de diamètre intérieur, et d'environ trois lignes et demie ou
quatre d'épaisseur.»
Et plus loin, en parlant de l'essai qu'il fit au château de Maisons, il
dit:
«Que si j'avais eu douze grandes roues pareilles, posées dans un
bâtiment d'un moulin, semblable à celui de Maisons, la où la rivière de
Seine aurait eu une pente de huit ou neuf pieds, j'aurais fait lever
plus de deux mille pouces d'eau à la hauteur perpendiculaire de quatre
cents pieds, par des machines qui auraient duré plus d'un siècle, sans
avoir coûté cinq cents pistoles par année pour les entretenir.»
On voit ici une critique indirecte de la machine de Marly, dont
l'entretien annuel était fort coûteux.
NOTE Nº 11.
Nous devons a l'obligeance de M. Parent de Rosan communication d'un
travail manuscrit de M. Stanislas Bormans, archiviste de Liége, sur
cette question controversée de l'auteur de la machine, d'où il résulte
les faits suivants relatifs à de Ville.
De Ville, né le 15 mai 1653, était fils de Reynaud de Ville, bourgmestre
de Ville. Il passa la plus grande partie de sa jeunesse chez les comtes
de Marchin, seigneurs de Modave. C'est dans ce domaine qu'il fit
exécuter, avec Rennequin, la machine dont la célébrité engagea Colbert à
le faire venir à Versailles. Après la construction de la machine, il en
fut nommé gouverneur, et, Louis XIV lui ayant fait construire une
habitation, il resta en France. Mais il avait toujours les yeux tournés
vers son pays, et, a la mort du dernier comte de Marchin, il acheta la
terre des Modaves, dont il devint ainsi le seigneur, et y mourut le 22
février 1722.
M. Bormans a retrouvé dans l'église de Modave sa pierre tumulaire,
portant l'inscription suivante:
Ci gist noble et illustre seigneur, Arnould de Ville, baron libre du
Saint-Empire romain, seigneur des Modaves, etc., né le 15 mai
1653,--mort le 22 février 1722.
Il a retrouvé aussi son testament, dans lequel est ainsi consignée l'une
de ses volontés:
J'ordonne que tous les ouvrages que j'ai composés, concernant les
constructions de la machine de Marly, soient imprimés suivant mes
_desseins_ (sic) en grand.
Le dernier des comtes de Marchin, Ferdinand, vint en France à l'âge de
dix-sept ans, après la mort de son père. Capitaine-lieutenant des
gendarmes de Flandres, en 1673, on le voit s'élever de grade en grade
jusqu'à celui de maréchal de France, qui lui fut conféré en 1703. Il est
très-probable que, tenant déjà un rang distingué à la cour de France, il
fit savoir à Colbert, qui recherchait partout les moyens de faire venir
de l'eau à Versailles, l'établissement de la machine hydraulique
exécutée dans son domaine de Modave, par de Ville et Rennequin. Il
mourut sans postérité, à la suite d'une blessure qu'il reçut dans un
combat près de Turin, le 7 septembre 1706. Ce fut à cette époque et par
suite de l'extinction des comtes de Marchin, que le chevalier de Ville
se rendit propriétaire du domaine des Modaves, et que probablement il
reçut le titre de baron du Saint-Empire romain, attaché à quelques-unes
des terres de ce domaine, achetées par le père du dernier comte de
Marchin. Quoique devenu seigneur des Modaves, il n'en conserva pas moins
le titre de gouverneur de la machine de Marly jusqu'à sa mort, arrivée
le 22 février 1722.
NOTE Nº 12.
FAMILLE DE VILLE.
Anne-Léon de Montmorency, premier du nom, chef des noms et armes de sa
maison, baron de Fosseux, seigneur de Courtalain, Bois-Ruffin, le
Plessis, d'Arroue, etc., né en 1705, appelé le baron de Montmorency,
successivement capitaine-lieutenant de la compagnie des gendarmes
d'Anjou en février 1735, brigadier de cavalerie le 20 février 1743,
capitaine-lieutenant des gendarmes de la reine en décembre 1744;
maréchal de camp le 1er mai 1745; menin de feu M. le Dauphin en 1746;
lieutenant général des armées du roi le 10 mai 1748; nommé chevalier de
ses ordres le 2 février 1749; reçu le 25 mai suivant, et chevalier
d'honneur de Madame Adélaïde, en octobre 1750, fille de feu Louis XV, a
été nommé, le 21 octobre 1771, commandant en chef du pays d'Aunis.--Il a
épousé: _1º le 11 décembre 1730, Anne-Marie Barbe de Ville, morte en
couche le 13 août 1731, fille et unique héritière de feu Arnold de
Ville, chevalier, baron libre du Saint-Empire romain, etc., gouverneur
et directeur de la machine de Marly, dont il était l'inventeur, et
d'Anne-Barbe de Courcelles_; et 2º le 23 octobre 1752,
Marie-Madeleine-Gabrielle de Charette de Montebert, d'une ancienne
noblesse de Bretagne, veuve, en premières noces, de Louis de Serent,
marquis de Kerfily, et en secondes, de Henri-François, baron d'Avaugour,
comte de Vertus, etc.
Extrait du Dictionnaire de la noblesse, par de la Chesnaye-Desbois,
tom. X, p. 411.
Ajoutez à l'article de Anne-Léon de Montmorency: Il épousa, le 11
décembre 1730, Anne-Barbe de Ville, morte à Paris le 13 août 1731, dans
sa dix-neuvième année, fille d'Armand, baron de Ville, et d'Anne-Barbe
de Courcelles, dont il eut [*] N. de Montmorency, né au mois d'août
1731.
Extrait de l'Histoire généalogique de France, par le P. Anselme,
tom. IX, p. 417.
[*] Ce fils fut Anne-Léon de Montmorency, deuxième du nom, appelé le
marquis de Fosseux, né le 11 août 1731; par son mariage en secondes
noces avec Charlotte-Anne-Françoise de Montmorency-Luxembourg, le 21
septembre 1767, il a pris le titre de duc de Montmorency, que lui
apportait sa femme.
Dictionnaire de la noblesse de la Chesnaye-Desbois, tom. IX, p.
411.
MORTS DANS LE MOIS D'AOUT 1731.
Le 13 de ce mois, dame Anne-Marie-Barbe de Ville, épouse de Anne-Léon de
Montmorency, chef du nom et armes de la maison, premier baron chrétien
en France, enseigne des gendarmes de Berry, seigneur de Courtalin,
Bois-Ruffen, le Plessis-d'Arouë, le Poilay, le Vernay, les deux Modaves,
de Biemrcé, de Banderesse, de Fermée, Termoyne, etc., mourut âgée de
dix-huit ans sept mois.
_Mercure de France_, août 1731, p. 2044.
On lit dans les mémoires du duc de Luynes, à la date du mardi 2 mai
1739:
«Madame de Châteaurenaud a un frère qu'on appelle le baron de
Montmorency, qui est celui qui avait épousé mademoiselle de Ville (_M.
de Ville était chargé de l'entretien de la machine de Marly et en était
regardé comme l'auteur_). M. le baron de Montmorency est veuf depuis
quelques années.»
NOTE Nº 13.
Acte de baptême de Rennequin, ou mieux Renier Sualem, extrait des
registres d'état civil tenus par les anciens curés de Jemeppe, province
de Liége:
«29ª januarii 1645, baptisatus Renerus filius Renardi Sualem, et
Catharinæ David, susc. Leonardo Alard et Anna Simon.»
Acte de décès de Rennequin, extrait des registres de l'état civil de la
commune de Bougival, département de Seine-et-Oise:
«L'an de grâce mil sept cent huit, le lundy trentième de juillet, a esté
inhumé dans l'église de Notre-Dame de Bougival le corps de deffunt René
Soüalem, autrement dit Rennequin, premier ingénieur du roy à la machine
et constructeur de la machine, mort d'hier à onze heures et demie du
matin, âgé de soixante-quatre ans et demi, en présence de M. Levesque,
curé, M. Lherminot, brodeur du roy, de M. Prévotel, vicaire de cette
paroisse, qui ont signé: Lherminot, Levesque, Prévotel, Ricard.»
ÉPITAPHE GRAVÉE SUR LA TOMBE DE RENNEQUIN.
D. O. M.
«Cy-gissent honorables personnes sieur Rennequin Sualem, seul inventeur
de la machine de Marly, décédé le 29 juillet 1708, âgé de
soixante-quatre ans, et dame Marie Nouelle, son épouse, décédée le 4 mai
1714, âgée de quatre-vingt-quatre ans, laquelle, pour satisfaire à la
dernière volonté dudit deffunct sieur Rennequin, son mari, a fondé à
perpétuité en cette église de Bougival une messe basse tous les premiers
lundys de chaque mois de l'année, un service complet le 29 juillet de
chaque année, jour du déceds dudit deffunct, et vingt libéras pour être
dits sur leurs _sepulturs_, scavoir les quatre grandes festes de
l'année, les quatre _principalles_ festes de la sainte Vierge, et les
douze autres tous les premiers dimanches de chaque mois de l'année, à
l'issue des vespres; à quoi les sieurs curé et marguilliers de l'oeuvre
et fabrique de ladite paroisse se sont obligés faire dire et célébrer
mesme fournir les pain, vin, luminaire et ornements nécessaires, et ce,
moyennant certaine _sôme_ que ladite dame leur a payée, _ainssy_ qu'il
est plus au long porté par le contract passé devant Dupuis et Gervais,
notaires au Châtelet de Paris, le 2 août 1710.
»Priez Dieu pour leurs âmes.»
VII
DÉTAILS INÉDITS
SUR LA MORT DE LOUIS XIV.
1715.
Le lundi 26 août 1715, le roi Louis XIV venait de subir une opération
douloureuse. Couché sur son lit de mort, il voulut dire un dernier adieu
au jeune Dauphin, son successeur. A midi, madame de Ventadour,
gouvernante du prince, l'amena dans la chambre du roi, qui, après
l'avoir embrassé et fait placer sur son lit, lui adressa quelques
conseils dans lesquels ce monarque, en faisant l'aveu solennel de ses
fautes, montra plus peut-être la grandeur de son caractère que dans
aucune autre circonstance de sa vie.
Les paroles prononcées par Louis XIV dans cette occasion furent
entendues d'un grand nombre de courtisans. La plupart les répétèrent
plus ou moins fidèlement: de là les nombreuses versions qui en ont été
données, où, tout en conservant les idées principales, les divers
historiens du grand roi ont ajouté ou retranché suivant le besoin de
leurs éloges ou de leurs critiques.
La première donnée au public parut dans les premiers jours d'octobre
1715, un mois environ après la mort de Louis XIV. Elle se trouve dans un
écrit intitulé: _Journal historique de tout ce qui s'est passé depuis
les premiers jours de la maladie de Louis XIV, jusqu'au jour de son
service à Saint-Denis_, par le sieur Lefebvre. Voici comment l'auteur
s'exprime: «Sa Majesté fit venir le Dauphin dans sa chambre, où il entra
avec madame la duchesse de Ventadour, sa gouvernante, et après l'avoir
embrassé, elle lui dit:--Mignon, vous allez estre un grand roy; mais
tout vostre bonheur dépendra d'estre soumis à Dieu, et du soin que vous
aurez de soulager vos peuples. Il faut pour cela que vous évitiez autant
que vous le pourrez de faire la guerre. C'est la ruine des peuples. Ne
suivez pas le mauvais exemple que je vous ay donné sur cela: j'ay
entrepris la guerre trop légèrement, et l'ay soutenue par vanité; ne
m'imitez pas! mais soyez un prince pacifique, et que vostre principale
application soit de soulager vos sujets. Profitez de la bonne éducation
que madame de Ventadour vous donne, obéissez-luy, et suivez les bons
sentiments qu'elle vous inspire.»