MON PRINCE,

Je me propose de demander aux plénipotentiaires des cours alliées si la

France, en consentant, ainsi qu'ils l'ont demandé, à rentrer dans ses

anciennes limites, obtiendra immédiatement un armistice. Si par un tel

sacrifice, un armistice peut être sur-le-champ obtenu, je serai prêt à

le faire; je serai prêt encore, dans cette supposition, à remettre

sur-le-champ une partie des places que ce sacrifice devra nous faire

perdre.

J'ignore si les plénipotentiaires des cours alliées sont autorisés à

répondre affirmativement à cette question, et s'ils ont des pouvoirs

pour conclure cet armistice. S'ils n'en ont pas, personne ne peut

autant que V. Exc. contribuer à leur en faire donner; les raisons qui

me portent à l'en prier ne me semblent pas tellement particulières à la

France, qu'elles ne doivent intéresser qu'elle seule. Je supplie V. Exc.

de mettre ma lettre sous les yeux du père de l'impératrice: qu'il voie

le sacrifice que nous sommes prêts à faire, et qu'il décide.

Agréez, etc.

_Signé_ CAULAINCOURT, duc de Vicence.

* * * * *

(Nº 19.) _Note des plénipotentiaires alliés._

Châtillon-sur-Seine, le 9 février 1814.

Les soussignés, plénipotentiaires des cours alliées, viennent de

recevoir de S. Exc. M. le plénipotentiaire de Russie une communication

portant:

Que S. M. l'empereur de Russie ayant jugé à propos de se concerter avec

les souverains, ses alliés, sur l'objet des conférences de Châtillon, S.

M. a donné ordre à son plénipotentiaire de déclarer qu'elle désire que

les conférences soient suspendues jusqu'à ce qu'elle lui ait fait

parvenir des instructions ultérieures.

Les soussignés ont l'honneur d'en donner part à M. le plénipotentiaire

de France, en prévenant que les conférences ne peuvent rester que pour

le moment suspendues. Ils s'empresseront d'informer M. le

plénipotentiaire du moment où ils seront mis à même d'en reprendre le

cours.

Les soussignés ont l'honneur de présenter en même temps à S. Exc.

l'assurance de leur haute considération.

_Signé_ C. A. RAZOUMOWSKI, CATHCART, comte DE STADION, Humboldt,

ABERDEEN, Charles STEWART.

* * * * *

(Nº 20.) _Lettre de M. le duc de Vicence_

_A Napoléon._

Châtillon, le 10 février 1814.

Manuscrit de mil huit cent quatorze, trouvé dans les voitures impériales prises à Waterloo, contenant l'histoire des six derniers mois du règne de Napoléon · 第 76 / 126 题