VII

Un ami sauvé.

L'après-midi se passa en conversations et promenades; mais on évita

d'aller du côté de l'auberge Bournier. Ce ne fut qu'après le souper,

quand il commença à faire nuit, que Moutier, accompagné de Jacques,

se dirigea de ce côté pour tâcher d'avoir des nouvelles du pauvre

Torchonnet. Ils firent un grand détour pour arriver par les derrières de

l'auberge; .Moutier marchait, guidé par Jacques, dans les sentiers et

les ruelles les plus désertes. Ils arrivèrent ainsi jusqu'aux bâtiments

qui servaient de commun. Tout était sombre et silencieux; les portes

étaient fermées. Pas moyen de pénétrer dans l'intérieur. Un hangar

ouvert leur permit d'approcher; ils y étaient depuis quelques instants,

cherchant un moyen d'arriver jusqu'à Torchonnet, lorsqu'une porte de

derrière s'ouvrit. Un homme en sortit sans bruit; Moutier reconnut

l'aubergiste, faiblement éclairé par la lanterne sourde qu'il tenait à

la main. Il se dirigea vers le charbonnier, séparé du hangar par une

cloison en planches; il en ouvrit la porte avec précaution et entra.

«Voilà ton souper que je t'apporte, dit-il d'une voix rude, mais basse.

L'étranger est parti; demain tu reprendras ton ouvrage, et si tu as

le malheur de raconter un mot de ce que tu as vu et entendu, de dire à

n'importe qui comme quoi tu as été enfermé ici pendant que l'étranger

était à l'auberge, je te briserai les os et je te brûlerai à petit

feu... Entends-tu ce que je dis, animal?»

--Oui, Monsieur, répondit la voix tremblante de Torchonnet.

L'aubergiste sortit, referma la porte et rentra dans la maison.

Quand Moutier fut bien assuré qu'on ne pouvait pas l'entendre, il

s'approcha de la cloison et dit à Jacques d'appeler Torchonnet à voix

basse.

«Torchonnet, mon pauvre Torchonnet, dit Jacques, pourquoi es-tu enfermé

dans ce trou noir?»

TORCHONNET.--C'est vous, mon bon Jacques? Comment avez-vous su que ce

méchant homme m'avait enfermé? Je ne sais pas pourquoi il m'a mis ici.

JACQUES.--Depuis quand y es-tu?

TORCHONNET.--Depuis le jour où est arrivé un beau monsieur, dans une

belle voiture, avec une cassette pleine de choses d'or. Il a eu pitié de

moi; il a dit à mon maître que j'avais l'air malade et malheureux. Il

lui a proposé de donner de l'argent pour me placer ailleurs; mon maître

a refusé. Alors, ce bon monsieur m'a donné une pièce d'or en me disant

d'aller lui acheter pour un franc de tabac et de garder le reste pour

moi. Mon maître m'a suivi, m'a arraché la pièce d'or avant que j'eusse

seulement eu le temps de sortir dans la rue. J'ai voulu crier; il m'a

saisi par le cou, m'a entraîné dans ce charbonnier et m'a jeté dedans en

me disant que, si j'appelais, il me tuerait. Il m'apporte tous les soirs

un morceau de pain et une cruche d'eau.

MOUTIER.--Pauvre garçon!

La voix de Moutier fit tressaillir Torchonnet.

TORCHONNET.--Mon Dieu! mon Dieu! il y a quelqu'un avec vous, Jacques?

Mon maître le saura; il dira que j'ai parlé et il me tuera.

MOUTIER.--Sois tranquille, pauvre enfant! C'est moi qui t'ai aidé, il

y a trois ans, à porter ton sac de charbon; je suis l'ami, le père de

Jacques, et je ne te trahirai pas. Quand le monsieur est-il parti?

TORCHONNET.--Le maître dit qu'il est parti, mais je ne crois pas; car

j'ai entendu ce soir la voix du monsieur, qui parlait très haut, puis

mon maître qui jurait, et puis beaucoup de bruit comme si on se battait,

et puis le frère et la femme de mon maître qui parlaient très fort, puis

rien ensuite, et il est venu m'apporter mon pain.

Moutier frémissait d'indignation. «Auraient-ils commis un crime? se

demanda-t-il, ou bien se préparent-ils à en commettre un? Comment faire

pour l'empêcher, s'il n'est déjà trop tard? Tout est fermé... Impossible

d'entrer sans faire de bruit... Ce n'est pas que je les craigne!

Avec mon poignard algérien et mes pistolets de poche, j'en viendrais

facilement à bout; mais, si le pauvre étranger vit encore, ils le

tueront avant que je puisse briser une porte et entrer dans cette

caverne de brigands. Que le bon Dieu m'inspire et me vienne en aide!

Chaque minute de retard peut causer la mort de l'étranger.»

Moutier se recueillit un instant et dit à Jacques: «Rentre à la maison,

mon enfant; tu me gênerais dans ce que j'ai à faire.»

JACQUES.--Je ne vous quitterai pas, mon bon ami. Je crois que vous

voulez voir s'il y a quelque chose à craindre pour l'étranger et je veux

rester près de vous pour vous venir en aide.

MOUTIER.--Au lieu de m'aider, tu me gênerais, mon garçon. Va-t'en, je

le veux... Entends-tu? Je te l'ordonne. Ces derniers mots furent dits

à voix basse comme le reste, mais d'un ton qui ne permettait pas de

réplique; Jacques lui baisa la main et partit. A peine était-il assez

éloigné pour qu'on n'entendît plus ses pas; au moment où Moutier allait

quitter le hangar sombre qui l'abritait, la porte de l'auberge s'ouvrit

encore une fois; l'aubergiste Bournier sortit à pas de loup, écouta et,

se retournant, dit à voix basse:

«Personne! pas de bruit! Dépêchons-nous; la lune va se lever et notre

affaire serait manquée.»

Il rentra, laissant la porte ouverte; Moutier s'y glissa après lui,

le suivit et s'arrêta en face d'une chambre dans laquelle entra

l'aubergiste. Une faible lumière éclairait cette pièce; un homme était

étendu par terre, garrotté et bâillonné. Le frère et la femme de

Bournier le soulevèrent par les épaules, l'aubergiste prit les jambes,

et tous trois s'apprêtaient à se mettre en marche, quand Moutier bondit

sur eux, et cassa la cuisse de l'aubergiste d'un coup de pistolet, brisa

le crâne du frère avec la poignée de ce pistolet, et renversa la femme

d'un coup de poing sur la tête. Tous trois tombèrent; l'aubergiste seul

poussa un cri en tombant. Moutier le roula dans un coin, sans avoir

égard à ses hurlements, coupa avec son poignard les cordes qui

attachaient le malheureux étranger, arracha le mouchoir qui l'étouffait,

garrotta l'aubergiste, courut dans la salle d'entrée, ouvrit la porte

qui donnait sur la rue et tira un coup de pistolet en l'air en criant:

«Au voleur! à l'assassin!»

Une douzaine de portes s'ouvrirent, des têtes épouvantées Apparurent.

«Par ici, à l'auberge! cria Moutier. Arrivez vite; il n'y a plus de

danger.»

Cette assurance donna du courage aux plus hardis. Quelques hommes

armés de couteaux et de bâtons se dirigèrent, non sans trembler, vers

l'auberge; ils entrèrent avec hésitation dans la salle et se groupèrent

près de la porte, n'osant avancer, dans l'incertitude des dangers qu'ils

pouvaient courir encore et dans l'ignorance des événements qui se

passaient.

Pendant qu'ils hésitaient et se consultaient, Elfy entra précipitamment;

elle avait entendu le coup de pistolet, l'appel de Moutier, et accourait

en appelant les gens du village pour le secourir, ainsi que Jacques

qu'elle croyait encore avec Moutier.

ELFY.--Que se passe-t-il ici? Pourquoi restez-vous dans la salle? Où est

M. Moutier? Pourquoi n'entrez-vous pas dans les appartements?

UN BRAVE,--C'est que, voyez-vous, mademoiselle Elfy, on ne sait pas ce

qui peut arriver; ce n'est pas prudent de se trop avancer sans savoir à

qui on a affaire. Ce Bournier est un mauvais gueux! On n'aime pas à se

faire des querelles avec des gens comme ça.

ELFY.--Et vous laissez peut-être égorger quelqu'un, de peur d'attraper

un coup ou de vous faire un ennemi? Moi, femme, j'aurai plus de courage

que vous.

Elfy, arrachant un couteau des mains d'un des trembleurs indécis, se

précipita dans les chambres qui se trouvaient près de la salle en

appelant:

«Monsieur Moutier, où êtes-vous? Où est Jacques? Que vous est-il arrivé?

On vient à votre aide!»

Elle ne tarda pas à entrer dans la pièce où étaient étendus l'aubergiste

garrotté, le frère ne donnant aucun signe de vie, la femme évanouie.

Moutier jetait de l'eau sur le visage saignant de l'étranger, qui était

resté par terre; il ignorait s'il n'y avait aucune blessure grave et si

le sang dont il avait le visage inondé provenait d'une blessure ou d'un

fort saignement de nez. A la voix d'Elfy, il se releva, et, allant à

elle:

«Ma bonne, ma chère Elfy, je suis désolé de vous voir ici; n'y restez

pas, je vous prie. Envoyez-moi du monde. Pourquoi êtes-vous venue?»

ELFY.--J'avais entendu le coup de pistolet et votre voix: je craignais

qu'il ne vous fût arrivé malheur, et je suis accourue. Ils sont là dans

la salle une douzaine d'hommes, mais ils n'osent pas entrer; alors je

suis venue.

--Sans avoir égard au danger! Je n'oublierai pas cela, Elfy! dit Moutier

lui serrant affectueusement les mains. Non jamais!... Mais, puisque

vous voilà, appelez-moi du monde; il faut soigner ces gueux-là, aller

chercher les gendarmes et tirer ce pauvre monsieur qu'ils ont voulu tuer

pour le voler sans doute. J'avais renvoyé Jacques près de vous avant

d'entrer.

Elfy, sans faire de questions, retourna à la salle, dit brièvement

aux hommes ce que Moutier leur demandait, et retourna en toute hâte à

l'Ange-Gardien pour rassurer sa soeur qui était restée avec Paul. Elfy

rencontra à la porte de l'auberge de Bournier le petit Jacques qui

accourait aussi tout effrayé; il avait entendu le coup de pistolet, et

il se dépêchait d'arriver au secours de son ami. Il avait été retardé

par le chemin plus long qu'il avait dû prendre pour revenir au village.

Elfy lui expliqua en peu de mots ce qui venait d'arriver, et le ramena

avec elle, pensant qu'il gênerait Moutier plus qu'il ne lui servirait.

Les hommes qu'Elfy avait trouvés tremblants dans la salle de l'auberge

déployèrent un courage héroïque aussitôt qu'ils eurent appris par Elfy

où en étaient les choses et le genre de secours que leur demandait

Moutier. Ils se lancèrent bruyamment dans la chambre où gisaient les

blessés, et s'empressèrent d'offrir au vainqueur l'aide de leurs bras

pour terrasser ses ennemis.

MOUTIER.--Quant à cela, Messieurs, je ne vous ai pas laissé d'ouvrage,

les voilà tous par terre; mais il faut que vous m'aidiez à les loger,

aux frais de l'État, dans la prison de la ville la plus proche. Je ne

suis ici qu'en passant; je n'y connais personne. Et puis vous voudrez

bien, quelques-uns de vous, m'aider à transporter le pauvre étranger

qu'ils ont voulu égorger et qui n'a pas encore repris connaissance; pour

celui-là, c'est un médecin qu'il faut et de bons soins.

Les vaillants habitants se mirent à la disposition de Moutier, dont

l'habit militaire, la croix et les galons de sergent les disposaient au

respect. Il en dépêcha deux à la ville pour requérir les gendarmes;

il donna à quatre autres la garde des malfaiteurs, avec injonction de

garrotter la femme et son frère. Il en envoya un demander à Mme Blidot

si elle pouvait recevoir l'étranger, et il garda les autres pour l'aider

à faire revenir le blessé et pour aller délivrer Torchonnet, dont il

indiqua la prison. Mme Blidot ne fit pas attendre la réponse.

«Tout ce que vous voudrez et quand vous voudrez, vous fait dire Mme

Blidot, monsieur le sergent. Tout sera prêt pour recevoir votre

monsieur.»

Moutier posa un matelas par terre, étendit dessus l'étranger; aidé de

trois hommes vigoureux, il l'emporta ainsi et le déposa chez Mme Blidot,

dans la chambre et sur le lit qu'elle leur indiqua. Elle aida Moutier à

lui enlever ses vêtements, à laver le sang figé sur son visage et qui le

rendait méconnaissable. Quand il fut bien nettoyé, Moutier le regarda;

il poussa une exclamation de surprise. «Quelle chance, ma bonne madame

Blidot? Savez-vous qui je viens de sauver du couteau--de ces coquins?

Mon pauvre général prisonnier! C'est lui! Comment, diantre, a-t-il été

se fourrer par là? Le voilà qui ouvre les yeux; il va revenir tout à

fait.»

En effet, le général reprenait connaissance, regardait autour de lui,

cherchait à se reconnaître; il examinait Mme Blidot. Il ne voyait pas

encore Moutier, qui s'était effacé derrière le rideau du lit; mais quand

le général demanda:

«Où suis-je? Qu'est-il arrivé?» Moutier se montra et, lui prenant la

main:

«Vous êtes ici chez mes bonnes amies, mon général. Le brigand chez

lequel vous étiez descendu a la cuisse cassée, son frère a le crâne

défoncé, et la femme a reçu un coup d'assommoir dont il lui restera

quelque chose si elle en revient.»

LE GÉNÉRAL.--Comment! encore vous, mon brave Moutier? C'est pour vous

que je suis venu me fourrer dans ce guêpier, et c'est vous qui m'en

tirez, qui êtes encore une fois mon brave sauveur?

MOUTIER.--Trop heureux, mon général, de vous avoir rendu ce petit

service. Mais comment est-ce pour moi que vous avez pris vos quartiers

chez ces coquins? Avant de répondre, le général demanda un verre de vin;

il l'avala, se sentit remonté et dit à Moutier:

«Vous m'aviez dit que vous vouliez passer par ici pour voir vos bonnes

amies et les enfants; j'ai voulu vous épargner la route par étapes

d'ici jusqu'aux eaux de Bagnoles, et je suis venu vous attendre chez ce

scélérat qui a si bien manqué m'égorger.»

MOUTIER.--Comment ont-ils fait pour s'emparer de vous? Et pourquoi

voulaient-ils vous tuer?

LE GÉNÉRAL.--Nous avons eu une querelle au sujet d'un pauvre petit

diable qui avait l'air si malheureux, si malade, si terrifié, que j'en

ai eu compassion. Je lui ai donné une commission et vingt francs pour en

payer un, le surplus pour lui. Le fripon d'aubergiste a volé les

vingt francs, car je n'ai plus revu l'enfant. Je lui en ai reparlé le

lendemain. J'ai su que l'enfant était le fils d'une mendiante qui

l'a laissé à l'aubergiste pour l'aider dans son ouvrage; j'ai vu que

l'enfant devait être traité fort durement. J'ai demandé à payer son

apprentissage quelque part; le coquin a refusé. J'ai dit que j'irai le

demander au maire de l'endroit; il est entré en colère et m'a parlé

grossièrement. J'avais eu la sottise de lui laisser voir ma bourse

pleine d'or, des billets de banque et des bijoux dans ma cassette, et je

lui dis qu'il avait perdu par sa grossièreté une bonne occasion d'avoir

quelques milliers de francs. Il s'est radouci, m'a dit qu'il acceptait

le marché; j'ai refusé à mon tour, et j'ai tout remis dans ma cassette.

L'homme m'a lancé un regard de démon et s'en est allé. Une heure après,

la femme m'a fait passer dans une petite salle éloignée et m'a apporté

mon déjeuner; le mari est rentré comme je finissais. Je n'y ai pas fait

attention. J'ai entendu qu'en sortant il fermait la porte à double tour.

J'ai sauté sur la porte, j'ai secoué, j'ai poussé, j'ai appelé; personne

et pas moyen d'ouvrir. J'ai été à la fenêtre, j'ai ouvert; pas moyen de

sauter dehors: des barreaux de fer énormes et serrés à n'y pas passer

un écureuil J'ai crié comme un sourd, mais aussitôt les volets se sont

fermés; j'ai entendu barricader au-dehors. Pour le coup, la peur m'a

pris; j'étais là comme dans une souricière. Pas d'armes! je n'en avais

pas sur moi, et ils avaient enlevé le couvert et les couteaux. Je

criais; c'est comme si j'étais resté muet. Personne ne m'entendait.

Que faire? Attendre? C'est ce que j'ai fait. Il faudra bien qu'ils

m'apportent à manger, pensais-je; en me mettant près de la porte, je

m'élancerai dehors dès qu'elle sera entrouverte. J'attendis longtemps,

et, quand on vint, ce ne fut pas la porte qui s'entrouvrit, mais le

volet; on me passa des tranches de pain. «Il y a de l'eau dans la

carafe», dit la voix de l'aubergiste, et le volet se referma. Je restai

ainsi deux jours, fatigué à mourir, n'ayant qu'une chaise pour me

reposer, du pain et de l'eau pour me nourrir, horriblement inquiet de ce

qui allait m'arriver; je bouillonnais quand je pensais que vous étiez

peut-être ici, à cinq cents pas de moi et ne pouvant me porter secours.

Enfin, le troisième jour, j'entendis un mouvement inaccoutumé du côté

de la porte; je repris mon poste, prêt à me jeter sur le premier qui

paraîtrait. En effet, j'entends approcher, la clef tourne dans la

serrure, la porte s'ouvre lentement; l'obscurité de ma prison ne leur

permettait pas de me voir. J'attends que l'ouverture de la porte soit

assez large pour me laisser passer, et je me lance sur celui qui entre;

je reçois un coup de poing dans le nez. Le sang jaillit et me gêne la

vue, ce qui ne m'empêche pas de chercher à me faire jour; mais ils

étaient plusieurs, à ce qu'il paraît, car je sentais les coups tomber

comme grêle sur ma tête, sur mon dos et surtout sur mon visage. Le

sang m'aveuglait; je ne voyais plus où j'étais. J'appelle, je crie au

secours; les coquins jurent comme des templiers et parviennent enfin

à me jeter par terre. L'un d'eux saute sur ma poitrine, pendant que

d'autres me garrottent les pieds, les mains, et m'enfoncent dans la

bouche un mouchoir qui m'étouffait. J'ai bientôt perdu connaissance, et

je ne sais pas comment j'ai été délivré ni comment vous avez pu deviner

le danger où je me trouvais.

MOUTIER.--Je vous raconterai cela, mon général, quand vous serez

reposé; vous avez l'air fatigué. Il vous faut un médecin et je vais

l'aller chercher.

LE GÉNÉRAL.--Je ne veux rien que du repos, mon ami. Pas de médecin, pour

l'amour de Dieu! Laissez-moi dormir. La pensée que je me trouve ici,

chez vos bonnes amies et près de vous, me donne une satisfaction et

un calme dont je veux profiter pour me reposer. A demain, mon brave

Moutier, à demain.

Le général avala un second verre de vin, tourna la tête sur l'oreiller

et s'endormit.

L'auberge de l'ange gardien · 第 7 / 25 题