«Vienne, 19 octobre 1762.
«J'ai été appelé aujourd'hui chez le trésorier intime; il m'a reçu
avec la plus grande politesse, et m'a demandé, au nom de l'empereur,
si je ne pourrais pas rester encore quelque temps à Vienne. Je me mets
aux pieds de Sa Majesté, ai-je répondu. Là-dessus, le trésorier m'a
remis cent ducats, en ajoutant que Sa Majesté nous ferait bientôt
rappeler.
«Aujourd'hui nous allons chez l'ambassadeur de France, et demain chez
le comte Harrach. Tous ces personnages nous font chercher et ramener
dans leurs voitures et avec leurs gens. On nous engage quatre, cinq,
six et huit jours d'avance, pour ne pas arriver trop tard.
Dernièrement, nous avons été de deux heures et demie à quatre heures
dans une maison. De là le comte Hardegg nous a fait chercher dans sa
voiture et amener au grand galop chez une dame, où nous sommes restés
jusqu'à cinq heures et demie. De là il a fallu encore se rendre chez
le comte de Kaunitz, chez lequel nous sommes demeurés neuf heures.
«Voulez-vous savoir quel est le costume apporté à Woferl? Il est du
drap le plus fin, couleur lilas, la veste en moire de la même couleur,
habit et veste garnis d'une double bordure en or. On l'avait commandé
pour le petit archiduc Maximilien. Le costume de Nanerl était fait
pour une archiduchesse; c'est du taffetas blanc brodé, avec toutes
sortes de garnitures.»