Saisi d'un accès de son mal sur la route, il veut frapper de sa lance
le jeune harpiste qui chante et qui joue de son instrument auprès de
sa couche. La lame mal dirigée est détournée par la Providence, ce
hasard des grands hommes; elle ne perce que le mur. Cette préservation
divine étonne et intimide de plus en plus le roi. Il cherche à lier
l'enfant par la reconnaissance à sa famille, il lui donne sa fille
Michol pour femme; mais il la lui donne pour sa ruine, dit-il
lui-même, car il lui demande pour dot cent dépouilles d'ennemis,
espérant qu'il périra dans tant de combats.
Deux cents dépouilles sont apportées. La popularité du héros s'accroît
de tant de gloire; avec la popularité, la jalousie du roi. Saül
propose à Jonathas, son fils, de le délivrer de David par
l'assassinat. Jonathas avertit son ami, le fait cacher, intercède pour
lui, le justifie, obtient sa grâce.
Mais cette réconciliation, ouvrage de l'amitié désintéressée du fils
de Saül, ne dure pas. Une seconde fois Saül, saisi d'une fureur réelle
ou simulée, pendant que son poëte l'endort aux sons de ses vers et de
sa harpe, cherche à le percer de sa lance.
David s'enfuit.
Le roi le fait poursuivre et envelopper dans sa maison par ses gardes,
pour le tuer quand il en sortira le matin.
La tendresse de sa jeune épouse, Michol, veille sur lui, découvre les
assassins, fait descendre David par la fenêtre et place une statue
revêtue d'un casque sur sa couche, afin de faire croire aux gardes que
son mari dort et de lui laisser, par ce subterfuge, plus de temps pour
la fuite.