XIII

Saisi d'un accès de son mal sur la route, il veut frapper de sa lance

le jeune harpiste qui chante et qui joue de son instrument auprès de

sa couche. La lame mal dirigée est détournée par la Providence, ce

hasard des grands hommes; elle ne perce que le mur. Cette préservation

divine étonne et intimide de plus en plus le roi. Il cherche à lier

l'enfant par la reconnaissance à sa famille, il lui donne sa fille

Michol pour femme; mais il la lui donne pour sa ruine, dit-il

lui-même, car il lui demande pour dot cent dépouilles d'ennemis,

espérant qu'il périra dans tant de combats.

Deux cents dépouilles sont apportées. La popularité du héros s'accroît

de tant de gloire; avec la popularité, la jalousie du roi. Saül

propose à Jonathas, son fils, de le délivrer de David par

l'assassinat. Jonathas avertit son ami, le fait cacher, intercède pour

lui, le justifie, obtient sa grâce.

Mais cette réconciliation, ouvrage de l'amitié désintéressée du fils

de Saül, ne dure pas. Une seconde fois Saül, saisi d'une fureur réelle

ou simulée, pendant que son poëte l'endort aux sons de ses vers et de

sa harpe, cherche à le percer de sa lance.

David s'enfuit.

Le roi le fait poursuivre et envelopper dans sa maison par ses gardes,

pour le tuer quand il en sortira le matin.

La tendresse de sa jeune épouse, Michol, veille sur lui, découvre les

assassins, fait descendre David par la fenêtre et place une statue

revêtue d'un casque sur sa couche, afin de faire croire aux gardes que

son mari dort et de lui laisser, par ce subterfuge, plus de temps pour

la fuite.

Cours familier de Littérature - Volume 05 · 第 106 / 177 题