XXVI

Ici le poëte change de note sur sa lyre et décrit en vers presque

burlesques les travaux et les aventures de Vulcain, ce dieu forgeron,

époux de Vénus, condamné à faire rire l'Olympe comme un bouffon de

cour.

«Il dit: le dieu massif et difforme s'éloigne en boitant de l'enclume;

ses jambes grêles flageolent sous son corps; ensuite il place ses

soufflets loin de la flamme, et dans un coffre d'argent il rassemble

tous les outils de son métier. Puis avec une éponge il essuie son

front, ses mains, son cou robuste et sa poitrine velue... Il marche

avec un disgracieux effort, prend la main de Thétis et lui dit ces

mots, etc.»

Thétis lui demande des armes pour Achille; il lui en fabrique de si

belles que leur description, et surtout la description du bouclier

d'Achille, sont à elles seules, sous la main d'Homère, un poëme de

paysage accompli. Combien je regrette que l'étendue trop considérable

de ce chef-d'oeuvre m'empêche de vous le traduire en le commentant

ici! Les bas-reliefs de ce bouclier sont une civilisation tout

entière. Rien n'est comparable à ce tableau en relief dans toutes les

oeuvres didactiques de l'antiquité et des siècles modernes. Homère

n'aurait chanté que ce bouclier qu'il serait le premier des

sculpteurs, des peintres, des pasteurs, des armuriers, des politiques,

des philosophes et des poëtes. C'est le Phidias de la parole, sept

siècles avant le Phidias du ciseau.

Cours familier de Littérature - Volume 05 · 第 50 / 177 题