XV

Les Grecs, après ce combat singulier, héroïque, mais sans issue,

éprouvent dans une mêlée générale une demi-défaite qui les refoule au

bord de la mer, derrière une enceinte de fossés et de palissades

qu'ils ont construits pour protéger leurs vaisseaux. Les Troyens

campent, vainqueurs, sur le champ de bataille reconquis, derrière le

Simoïs. Le huitième chant se termine par une de ces comparaisons

larges, splendides, saisissantes, qui jettent sur les tableaux

d'Homère un vernis éclatant.

«Ainsi parle Hector, et les Troyens applaudissent à ses paroles par

une grande clameur. Aussitôt ils soulagent du joug les chevaux baignés

de sueur, et chaque guerrier les attache à son char par des

courroies.... Les Troyens, fiers de leur victoire, reposent, pendant

toute la nuit, sur le champ de bataille, à la lueur des feux qu'ils

ont allumés.

«Ainsi, lorsque, dans le firmament, à la lueur de la lune argentée,

les radieuses étoiles scintillent, lorsque les vents se taisent dans

les airs et que la transparence de la nuit laisse découvrir au loin

les collines, les vallées, les hautes cimes des montagnes, le vaste

espace des cieux qui s'étend devant nous laisse apercevoir tous les

astres, et le coeur du berger est plein de joie... Ainsi brillent çà

et là les feux que les Troyens ont allumés devant Ilion et le Xanthe

aux flots rapides. Mille foyers resplendissent à travers la plaine; la

vive lueur de chacun de ces feux éclaire cinquante guerriers assis à

l'entour, et les chevaux qui broient l'orge blanche et l'avoine

attendent auprès des chars que l'Aurore remonte sur le trône des

cieux.»

Cours familier de Littérature - Volume 05 · 第 39 / 177 题