C’est la fin.
Il est parti... Et j’ai pu me taire jusqu’au bout!... Même dans la folle
douceur du revoir... Même dans cette agonie de la séparation...
Mourir ne sera pas plus horrible que l’a été l’adieu qui nous a, tantôt,
arrachés l’un à l’autre, sans phrases, ni plaintes, ni pleurs, presque
en silence...
Ce soir, il a quitté Paris. Dans le train qui l’emporte, il pense à moi,
avec la vision du retour, l’espoir de l’avenir dont il se croit sûr.
Je pense à lui, avec l’obscure certitude que jamais je ne le reverrai...
C’est bien l’adieu que mes lèvres tremblantes ont prononcé, écrasées une
dernière fois sous les siennes. Et, en mon âme, une voix inflexible
prononce, sans pitié, que c’est mieux ainsi. Ma santé détruite, liée à
un autre, par le serment d’éternelle union, prononcé librement jadis, je
ne pouvais pas, je ne _devais_ pas devenir sa femme. Oui, c’est bien que
la vie m’enlève de force à lui... Jamais, je le crains, je n’en aurais
eu le courage, libre de disposer de l’avenir...