CHARLES DICKENS.

Expériences américaines: Martin prend un associé.--Vallée d'Eden en

perspective. (Suite.--V. t. II, p. 26, 58, 105. 139, 155, 214, 251 et

326.)

Votre Tour de Londres, monsieur, poursuivit le général, souriant dans

l'intime et satisfaisante conviction de l'étendue de ses lumières; votre

Tour, située dans le voisinage immédiat de vos parcs, de vos promenades,

de vos arcs de triomphe, de votre opéra, de votre royal Almack, est tout

naturellement la résidence où peuvent s'étaler les pompes et le luxe

royal d'une cour étourdie et légère. La conséquence, monsieur, c'est là

que se tient votre cour [1].

[Note 1: La Tour de Londres est située à l'extrémité orientale de

la ville, tandis que le quartier de la mode et de l'aristocratie,

les parcs _Hyde-Park, Green-Park_, le parc Saint-James, etc, le

palais qu'habite la reine, les théâtres fréquentés par la haute

société, les salles de bal, de concert, et tous les rendez-vous du

grand monde, sont situés dans le quartier opposé, le _West-end_

(extrémité occidentale de la ville).]

--Êtes-vous allé en Angleterre? demanda Martin.

--Grâce à la presse, oui, monsieur; répondit le général; je m'y suis

rendu en lecture, pas autrement. Vous êtes ici chez un peuple studieux,

monsieur; vous trouverez parmi nous une connaissance des choses qui vous

surprendra.

--Je n'en doute nullement, répliquait Martin, lorsqu'il se vit

interrompu par M. Aristide Kettle, lequel murmura à son oreille:

--Vous connaissez, le général Choke?

--Non, reprit Martin sur le même ton.

--Vous savez sous quel point de vue on le considère ici?

--Comme l'un des hommes les plus remarquables du pays, répondit Martin à

tout hasard.

--Justement; j'étais sûr que vous auriez, entendu parler de lui.

--Je crois, dit Martin, s'adressant au général, je crois être assez

heureux pour avoir une lettre d'introduction auprès de vous, monsieur;

elle est de M. Bévan, du Massachussets,» ajouta-t-il en la lui

présentant.

Le général la prit et la lut avec attention; de temps en temps il

s'arrêtait pour lancer un regard aux deux étrangers. Arrivé à la

signature, il s'avança, donna une poignée de main à Martin, et s'assit

auprès de lui.

«Ainsi donc, vous songez à vous établir dans l'Eden? lui dit-il.

--Sauf meilleur avis, et en me conformant à vos conseils et aux

renseignements fournis par l'agent. On m'assure qu'il n'y a rien à faire

dans les vieilles villes.

--Je puis vous présenter à l'agent, monsieur, dit le général; je le

connais, car je suis membre de la corporation des propriétaires du

territoire de l'Eden.»

Cette nouvelle, des plus sérieuses pour Martin, lui donnait fort à

penser. Son ami du Massachussets n'avait fait tant de fond sur les

conseils du général que parce que, le croyant étranger à toutes les

spéculations de terrain, il en attendait un avis désintéressé. En effet,

c'était, tout récemment que le général avait pris un intérêt dans la

corporation de l'Eden; et il expliqua à Martin que depuis lors il

n'avait eu aucune communication avec M. Bévan.

«Nous n'avons que bien peu à hasarder, dit Martin avec anxiété;

seulement quelques guinées, et ce peu est tout notre avoir! Dites,

général, croyez-vous que cette spéculation puisse offrir quelques

chances de succès à un homme de ma profession?

--Et croyez-vous, dit le général d'un ton grave; croyez-vous que si la

spéculation n'offrait aucune chance de succès, j'eusse fait la folie d'y

mettre mes dollars?

--Je ne parle pas des vendeurs, dit Martin, mais des acquéreurs. Y

a-t-il chance pour les acquéreurs?

--Pour les acquéreurs, monsieur! répéta le général avec quelque émotion

et d'un ton péremptoire, je conçois. Vous venez d'une contrée vieillie,

qui a entassé, aussi haut que la tour de Babel, les veaux d'or devant

lesquels, de temps immémorial, elle s'agenouille. Mais cette terre-ci,

monsieur, est neuve et vierge. L'homme ici ne naît pas décrépit comme

dans la vieille Europe. Nous n'avons pas derrière nous, pour excuse,

l'exemple de siècles écoulés en pratiques corruptrices; point de faux

dieux chez nous, monsieur; l'homme s'y montre dans toute sa grandeur

native. Si ce n'est pas dans ce but que nous avons combattu, c'est en

vain que notre sang aura coulé. Me voilà ici, moi, monsieur, ajouta le

général, plantant devant lui son parapluie comme un digue représentant

de sa philanthropie (et c'était un affreux parapluie); me voici, avec ma

tête grise et mon sens moral; eh bien, irais-je, désavouant mes

principes, placer mes capitaux dans une spéculation que je ne jugerais

pas féconde en espérances et en chances de bonheur pour mon prochain,

pour mes semblables!»

Marlin, qui ne pouvait s'empêcher de songer à New-York, s'efforça à

grand-peine d'avoir l'air convaincu.

«Que seraient ces vastes États, monsieur, poursuivit le général, s'ils

n'étaient destinés à la régénération de l'homme? Mais je vous pardonne;

de pareils doutes doivent naître dans l'âme d'un homme qui vient de

votre pays, et qui ne connaît pas le mien.

--Vous pensez donc qu'à part les fatigues que nous sommes disposés à

endurer, il y a quelques chances raisonnables (le ciel sait que lions ne

sommes pas extravagants dans nos prétentions), quelque espoir fondé de

réussite?

--Un espoir fondé de réussite dans Eden, monsieur! Mais voyez, l'agent,

voyez-le; voyez les cartes, les plans, monsieur, et ne formez votre

jugement, n'établissez votre décision que d'après ce que vous aurez vu,

de vos yeux vu. La vallée d'Eden n'en est pas réduite à mendier des

habitants, monsieur!

--Il est de fait que c'est un endroit furieusement agréable et

effroyablement salubre,» dit M. Kettle, qui continuait à se mêler à la

conversation, selon son usage.

Martin sentit que, mettre en doute des témoignages de ce genre,

uniquement parce qu'il éprouvait au fond une secrète défiance, serait

chose tout à fait inconvenante et de mauvais goût. Il remercia donc le

général, et se résolut à se rendre chez l'agent dès le lendemain.

Ce ne fut que tard dans la soirée, que nos voyageurs arrivèrent à leur

destination. Ils s'établirent à l'hôtel National, où les usages et la

société leur rappelèrent, par plus d'un trait de ressemblance, la

pension bourgeoise du major Pawkins.

«Maintenant, Mark, mon bon garçon, dit Martin fermant la porte de sa

petite chambre, il nous faut tenir grand conseil, car c'est demain que

notre sort se décide. Êtes-vous toujours résolu à fondre vos économies

dans le capital commun? Est-ce dit?

--Si je n'avais pas été déterminé à courir tous les risques, monsieur,

je ne serais pas ici.

--Combien avez-vous là-dedans? demanda Marlin, soulevant un petit sac.

--Trente-sept livres sterling et seize pences, au moins à ce que dit la

Caisse d'épargne. Pour moi, je n'en ai jamais fait le compte; ils

doivent savoir leur affaire là-bas, Dieu merci! répliqua Mark avec un

mouvement de tête qui exprimait sa confiance illimitée dans la sagesse

et l'arithmétique de MM. les administrateurs.

--L'argent que nous avons apporté est fort en baisse, dit Martin; nous

n'avons pas même huit livres sterling.»

Le sourire indifférent de Mark, et les vagues regards qu'il promena de

tous cotés, montrèrent que ce détail était tout à fait au-dessous de son

attention.

«De la bague, de son anneau, Mark! poursuivit Martin, regardant avec

amertume sa main dépouillée de son ancienne parure.....

--Ah! soupira Mark Tapley; mais pardon, monsieur.--De sa bague, nous

n'avons tiré que quatorze livres sterling, argent anglais; de sorte que,

cela même compris, votre part de capital se trouve encore, comme vous

voyez, la plus forte. A présent, Mark, ajouta Martin, reprenant son

ancien ton dégagé, celui qu'il avait naguère avec ses plus humbles

compagnons, mon plan est fait: j'ai tout arrangé pour que vous fussiez,

non pas seulement dédommagé, mais récompensé, j'espère. Je prétends

améliorer matériellement votre sort, et relever votre position, votre

état, vos espérances.....--Oh! ne parlons pas de cela, je vous en prie,

monsieur, s'écria Mark. Je ne tiens pas le moins du monde à être relevé;

je suis content comme je suis, monsieur.

--Un moment, écoutez! reprit gravement Martin, la chose est d'une haute

importance pour vous, et je m'en réjouis quant à moi. Je vous ai choisi

pour associé, Mark, et cela, sur le pied d'une égalité parfaite.

J'apporte, comme capital additionnel, ma capacité, mes talents, mon

habileté dans ma profession; et la moitié, l'intégrale moitié des

profits annuels sera _vôtre_, Mark; je vous en considère comme

propriétaire dès aujourd'hui.»

Pauvre Martin! toujours bâtissant en l'air, muré dans sa personnalité,

se nourrissant de projets chimériques, d'aveugles espérances: tout fier

de la protection qu'il accordait, du magnifique cadeau qu'il faisait au

compagnon de ses traversés, en lui donnant moitié du revenu douteux d'un

capital certain qui appartenait presque tout entier au généreux garçon.

«Je ne sais, reprit ce dernier d'un ton plus attristé que de coutume,

mais par des causes que n'aurait pu deviner Martin, je ne sais que vous

dire, monsieur, pour vous remercier. Tant il y a que je vous soutiendrai

du meilleur de mon âme, monsieur, et jusqu'au bout; et c'est là tout ce

que je puis faire.

--Nous nous comprenons pleinement l'un l'autre, mon bon garçon, dit

Martin, se levant avec un sentiment intime d'approbation flatteuse pour

l'_un_ et de condescendance affectueuse pour l'_autre_. De ce moment,

nous ne sommes plus le maître et le serviteur, mais deux amis, deux

associés qui s'applaudissent mutuellement de ce changement de relation.

Si c'est en faveur de la vallée d'Eden que nous nous décidons, eh bien!

du jour de notre arrivée, continua Martin, qui aimait à battre le fer

pendant qu'il était chaud, notre maison se fondera sous la raison

CHUZZLEWIT ET TAPLEY.

--Oh! pour l'amour du ciel, pas mon nom, monsieur! s'écria Mark; je

n'entends rien aux affaires, et c'est bien assez pour moi d'être _la

compagnie_. J'ai souvent songé, poursuivit-il à demi-voix, que

j'aimerais à voir comment est faite une _compagnie_. Je n'imaginais

guère en devenir une moi-même.

--Il n'en sera que ce que vous voudrez. Mark, dit le chef de la future

maison _Chuzzlewit et compagnie_.

--Grand merci, monsieur; et si quelque propriétaire, quelque gros

richard des environs, se met en tête de faire établir un beau jeu de

quilles, bien dessiné, bien aplani, soit pour l'image publie, soit pour

le sien, je me charge de cette partie de la besogne.

--Et je réponds que sur ce point vous battrez tous les architectes de

l'Union, reprit son associé en riant. Allons, Mark, apportez-nous une

couple de verres, et buvons au succès de l'entreprise.»

Martin mettait en oubli, cette fois, ce qui, du reste, lui arriva

fréquemment par la suite, l'égalité, qu'il venait de proclamer si

hautement. Peut-être aussi regardait-il ce genre de service comme dévolu

de droit à la _compagnie_. Mark n'en obéit pas moins avec sa promptitude

ordinaire; et, avant de se séparer pour la nuit, les deux associés

convinrent de voir l'agent le lendemain ensemble. Mais c'était

l'infaillible jugement de Martin seul qui devait décider la question de

l'Eden. Mark, en sa joviale humeur, ne se fit pas un mérite, même à ses

propres yeux, de sa condescendance. Il savait bien, d'ailleurs, que, de

façon ou d'autre, il en serait toujours ainsi.

Le général se trouvait à la table d'hôte le lendemain; à l'issue du

déjeuner, il proposa de voir l'agent sans plus de délais; les deux

Anglais ne demandaient pas mieux, et tous quatre se rendirent au bureau

de la Vallée d'Eden, situé à une portée de fusil environ de l'hôtel

National.

Le bureau était petit et de peu d'apparence. Mais, puisqu'on peut tirer

de vastes propriétés d'un seul cornet de dez, pourquoi ne

marchanderait-on pas une province entière dans une guérite? D'ailleurs,

c'était un bureau temporaire, les _Edennéens_ se _disposait_ à bâtir un

superbe édifice pour y établir leur administration; ils en avaient même

marqué le site, ce qui, en Amérique, est l'essentiel. La porte du bureau

était toute grande ouverte, pour la commodité de l'agent, qui se tenait

à l'entrée. Il fallait que ce fût un rude travailleur; car, paraissant

avoir toutes ses affaires à jour, il se balançait paisiblement dans une

chaise-berceuse, tenant une de ses jambes appuyée très-haut contre le

chambranle de la porte, et l'autre repliée sous lui, comme s'il couvait

son pied.

C'était un homme maigre, décharné, la tête couverte d'un large chapeau

de paille, et vêtu d'un frac vert. Il ne portait point de cravate, vu la

chaleur, et son col de chemise était assez écarté pour qu'à mesure qu'il

parlait on vît quelque chose, s'enfoncer et resauter dans sa gorge, à

peu près comme ces petits marteaux qui dansent et retombent pour

reparaître dès qu'on touche les notes d'un piano. Si c'était la vérité

faisant un faible effort pour s'élancer jusqu'à ses lèvres, nous pouvons

rendre témoignage qu'elle n'y atteignait jamais.

Deux yeux gris se tenaient à l'affût au fond de la tête de l'agent; l'un

d'eux, privé de vue, demeurait immobile, et ce côté du visage semblait

épier et surveiller ce que faisait l'autre. Chaque profil conservait,

ainsi son expression distincte, et c'était au moment où le profil en vie

était le plus animé que le profil mort paraissait le plus inflexible

dans sa sournoise vigilance, passer de l'un à l'autre, c'était retourner

son homme, et mettre le dedans dehors.

Chacun des longs cheveux noirs qui pendaient de sa tête tombait aussi

droit que le fil d'un aplomb. En revanche, des touffes mêlées formaient

l'arc aigu de ses sourcils, comme si le corbeau, dont la patte était

empreinte au coin de ses yeux, avait, en sa qualité d'oiseau de proie,

par droit de parenté, tordu et hérissé de son bec tous ces poils

menaçants.

Tel était l'homme qu'ils abordèrent, et que le général salua du nom de

Scadder.

«Fort bien, général, répondit-il; et vous, comment vous en va?

--Toujours prêt, et de feu pour le service du pays et la cause de la

sympathie mutuelle... Mais voici deux étrangers venus pour affaire,

monsieur Scadder.»

Ce dernier donna une poignée de main aux nouveaux venus, préambule

indispensable en Amérique, et recommença à se balancer.

«Je présume que je sais pour quelle affaire vous me les amenez, général.

--Eh bien, monsieur; nous voilà à vos ordres.

--Ah! général, général! vous ne savez rien garder! vous parlez trop,

beaucoup trop, c'est un fait! dit Scadder. Je sais bien que vous êtes

monstrueusement éloquent en public; mais, dans le particulier, vous ne

devriez pas aller si fort de l'avant. Non, il faut que je le dise.

--Si je comprends où vous voulez en venir, faites-moi galoper avec un

rail entre les jambes, repartit le général, après un moment de

réflexion.

--Bah! comme si vous ne saviez pas aussi bien que moi que nous avions

résolu de ne plus vendre un seul lot de l'Eden aux amateurs, et de

réserver ce qui en reste aux privilégiés, aux favoris de la nature!

--Mais, justement! s'écria le général avec chaleur, les voilà ces

privilégiés! ce sont ceux que je vous amène.

--Si ce sont eux, reprit l'agent d'un ton de reproche et de doute, cela

suffit. Mais vous ne devriez pas jouer au fin avec moi voyez-vous,

général!»

Celui-ci murmura dans l'oreille de Martin que Scadder était la plus

honnête créature du monde, et qu'il ne voudrait pas, non, pas pour dix

mille dollars, l'offenser de propos délibéré.

«Je remplis mon devoir, si, dons le but de servir mes semblables, je

fais monter les offres, dit Scadder à voix basse, l'oeil fixé sur la

route, et se balançant toujours. Ils font la moue quand je leur reproche

de donner l'Eden à trop bon compte! Si la nature humaine est ainsi

faite, eh bien! à la bonne heure!

--Monsieur Scadder, dit le général, reprenant son ton oratoire;

monsieur! voici ma main, voilà mon coeur! Je vous estime, monsieur, et

je vous demande pardon. Ces messieurs sont de mes amis, sans cela je ne

les eusse pas conduits ici, sachant bien, monsieur, que les lots sont

cotés en ce moment fort au-dessous de leur valeur. Mais ce sont des

amis, monsieur, des amis particuliers, je vous le répète.»

M. Scadder fut tellement satisfait de cette explication, qu'il se leva

pour serrer plus cordialement la main du général et inviter ses amis

particuliers à le suivre dans le bureau. Quant au général, il déclara,

avec sa bienveillance habituelle, que, faisant partie de la corporation,

il ne convenait pas à sa délicatesse d'être mêlé en rien dans les

transactions de vente et d'achat. En conséquence, s'appropriant la

chaise-berceuse, il se mit à considérer la perspective, comme le bon

Samaritain attendant son voyageur.

«Bon Dieu!» s'écria Martin, dès que ses yeux tombèrent sur le plan

gigantesque qui occupait tout un côté du bureau, car, à part cette

carte, la pièce ne contenait que quelques échantillons de botanique et

de géologie, un ou deux vieux registres, un grossier pupitre et un

mauvais tabouret; «Dieu du ciel! que vois-je là?

--C'est l'Eden! dit Scadder, occupé à se curer les dents avec une sorte

de petite baïonnette qu'il faisait sortir du manche de son canif en

touchant un ressort.

--Eh mais! je ne me doutais pas que ce fût une ville!

--Vous ne vous en doutiez pas?... c'en est une, pourtant!» Et ville

florissante encore! cité architecturale! Il y avait banque, églises,

cathédrales, places, marchés, manufactures, hôtels, magasins, maisons,

quais, une bourse, un théâtre, des édifices publics de tout genre, et

jusqu'au bureau de _l'Aiguillon_, journal quotidien dit l'Eden; le tout

sur papier et fidèlement enregistré dans le plan affiché sur le mur.

[Illustration 006a: (La suite à un prochain numéro).]

[Illustration 006b: deco.]

Chasses d'hiver.

L'Illustration, No. 0048, 27 Janvier 1844 · 第 26 / 33 题