délice s’ouvrit devant eux. Non seulement, en effet, ils avaient appris
à connaître leur bienfaiteur divin, non seulement ils avaient acquis
désormais, grâce à lui, toute la somme de vérité que l’homme doit et
qu’il peut posséder, mais voici que, dans la doctrine de Jésus, une
beauté leur apparaissait, plus haute, plus parfaite, que tout ce que le
monde ou leurs rêves leur avaient fait concevoir! Nourrir ceux qui ont
faim et consoler ceux qui souffrent, demander pardon des offenses qu’on
a subies, renoncer à soi pour vivre dans les autres: tout cela n’était
pas seulement le sûr moyen d’atteindre au bonheur, tout cela était beau,
prodigieusement beau, si beau qu’ils sentaient bien que, jusqu’à la fin
des siècles, les hommes ne se fatigueraient pas d’en subir l’attrait.
Sans compter le précepte que Thomas se rappelait, avec orgueil, avoir un
jour entendu des lèvres mêmes du Sauveur: «Aimez-vous, donnez votre vie
pour ceux que vous aimez.» Le jeune homme comprenait, maintenant,
pourquoi l’humble image de sa mère l’avait toujours ému autant, sinon
davantage, que les nobles déesses du fronton de l’Acropole. Et sa femme,
l’adorable créature dont les yeux noirs illuminaient sa vie, n’était-ce
point surtout le parfum de son cœur qu’il aimait en elle?
* * * * *
Leur conversion faillit pourtant mêler un peu de tristesse à toute la
joie qu’elle leur apportait. Ils rentraient chez eux, un soir d’automne,
après avoir passé la journée dans un village de la montagne où il y
avait une pauvre femme malade qu’ils nourrissaient et soignaient. Comme
les jours précédents, Eunice avait tenu compagnie à la malade, pendant
que Thomas jouait avec las deux enfants: ou, du moins, c’était ainsi
qu’ils croyaient avoir fait, tandis qu’en réalité Thomas, comme les
jours précédents, s’était borné à écouter, avec les deux petits, les
chansons et les contes de sa jeune femme; car pour toute la pratique de
la vie, décidément, lui-même, n’était près d’elle qu’un petit garçon.
Puis une voisine les avait remplacés, et ils s’étaient mis en route pour
retourner chez eux. Mais ils marchaient d’un pas lourd et lent, sans se
sourire, presque sans se parler. Et quand ils arrivèrent au haut du
sentier où, chaque soir, ils avaient coutume de s’arrêter un moment pour
assister aux derniers jeux du soleil avec les bois et la mer, Thomas,
les bras tendus vers sa femme, vit qu’elle hésitait à venir dans ses
bras. Il devina que, cette fois, comme toujours, alors qu’il s’efforçait
de cacher au fond de son âme la pensée qui le préoccupait, Eunice, au
fond de l’âme, avait déjà la même pensée.
Assis en face l’un de l’autre, aux deux côtés du sentier, ils
s’avouèrent en rougissant leur commune pensée. Sous l’influence de leur
foi nouvelle un scrupule, peu à peu, les avait envahis: ils se
demandaient si Jésus n’allait pas s’offenser de l’excès de leur amour.
Non que saint Paul les en eût blâmés, dans les fréquents entretiens
qu’il avait eus avec eux, avant son départ d’Athènes: mais il y avait
dans les paroles de l’apôtre, comme dans tous ses actes, quelque chose
d’austère qui les inquiétait. Ne lui avaient-ils pas entendu dire, au
sujet du mariage, que la femme chrétienne devait «craindre» son mari? Le
craindre! Eunice songeait avec angoisse que, quoi qu’elle fît, jamais
elle ne saurait se forcer à craindre Thomas. Était-ce donc un péché de
s’être abandonnée à lui tout entière, au point de ne plus faire avec lui
qu’un seul être, au point de ne pouvoir plus vivre qu’en se serrant
contre lui? Et Thomas se disait que Jésus, sans doute, lui avait
enseigné l’amour, mais un amour plus haut et plus vaste, un amour qui,
s’étendant à tous les hommes, exigeait pour tous une tendresse égale.
Oui, ils auraient désormais à changer leur vie, s’ils voulaient la
consacrer pleinement au service de Dieu! Ils auraient à séparer leur
chair et leurs cœurs, à rompre le lien trop étroit dont ils s’étaient
liés! ils le sentaient, et ils s’y résignaient: car il n’y avait point
de sacrifice où ils ne fussent prêts pour se rendre dignes de leur
bienfaiteur. Mais ils restaient assis au bord du sentier, en silence et
la tête baissée, chacun d’eux s’alarmant que l’autre ne découvrît, sur
son visage, la trace du chagrin qui les accablait.
C’est à peine s’ils eurent la force, ce soir-là, d’aller rejoindre la
petite troupe de leurs frères chrétiens, dans la maison où ils avaient
coutume de se réunir tous les soirs. Lorsqu’ils y entrèrent, la maison
était déjà remplie et l’office avait commencé. Debout sous la lampe, le
vieux potier qui faisait fonction de prêtre s’occupait à lire, suivant
l’usage, quelques-uns des discours de Jésus, tels que les avait
recueillis l’apôtre Matthieu. Et, tandis que les deux jeunes gens
palpitaient d’émotion, ressaisis jusqu’au fond de leurs cœurs par la
pénétrante beauté de la parole divine, le prêtre ouvrit le livre à un
autre endroit, où il lut ce qui suit: _Des Pharisiens vinrent à Jésus,
et, pour le tenter, lui dirent: «Est-il permis à l’homme marié de se
séparer de sa femme pour quelque cause que ce soit?» Et Jésus leur
répondit: «N’avez-vous pas lu que Dieu a, dès l’origine, créé l’homme
avec la femme? N’avez-vous pas lu qu’il a ordonné à l’homme de quitter
son père et sa mère pour s’unir à sa femme, de façon que ceux qui sont
deux ne forment qu’une seule chair? Voilà ce qui est écrit: et, par
conséquent, le mari et la femme ne sont plus deux chairs, mais une seule
et même chair. Que l’homme n’ose donc point séparer ce que Dieu a
joint!»_
Thomas sentit tout à coup la petite main d’Eunice qui, dans l’ombre,
cherchait sa main. Ils se regardèrent, les yeux gonflés de larmes; et un
grand flot de bonheur les inonda tous les deux.
IV
LA VOLONTÉ DE DIEU
Je suis la résurrection et la vie. Quiconque croit en moi, même
s’il est mort, vivra. Et quiconque vit, s’il croit en moi,
restera vivant pour l’éternité.
(_Saint Jean_, XI, 26 et 27.)
Et de même que, par l’amour, s’était révélée au ressuscité de Naïm la
beauté de la vie, c’est l’amour qui lui révéla aussi la beauté de la
mort.
La pauvre femme que soignait Eunice avait une maladie de langueur. Elle
toussait, crachait, se plaignait d’une boule de feu qui lui écrasait la
poitrine. Elle guérit pourtant, à force de soins, car son mal ne lui
était venu que d’un excès de travail et de privations; mais Eunice, à
son tour, fut prise du même mal.
Bientôt son mari crut observer que leurs promenades la fatiguaient. Elle
avait perdu son agilité de jeune chèvre, toujours prête à sauter d’un
rocher sur l’autre. Lorsqu’ils montaient à l’Acropole, maintenant,
souvent elle était forcée de s’asseoir à mi-côte pour retrouver son
souffle. Mais elle s’était si complètement déshabituée de penser à soi
qu’elle ne s’apercevait pas de ces signes de faiblesse; et Thomas, qui
s’en apercevait, se rassurait à la sentir tous les jours plus vivante et
plus gaie. Ou bien, s’il manifestait quelque inquiétude, elle lui
répondait en riant que c’était l’âge qui l’avait affaiblie. «Notre temps
a passé tellement vite, disait-elle, que nous aurons vieilli sans nous
en douter!»
Elle ne s’émut pas davantage quand ses bagues lui tombèrent des doigts.
Elle avait voulu vendre ses bagues avec le reste de ses bijoux, après
son baptême, et en distribuer le produit aux pauvres: Thomas avait eu
grand-peine à obtenir qu’elle en conservât au moins deux, qu’il lui
avait données pendant leurs fiançailles. Quand elle les vit tomber de
ses doigts, elle crut le plus sérieusement du monde que c’était un ordre
de Dieu, qui lui enjoignait de se dépouiller de ce dernier luxe au
profit des pauvres. Et Thomas l’aimait si fort qu’il le crut aussi.
Une nuit, dans le lit où ils couchaient l’un près de l’autre, il sentit
que tout le corps de sa femme brûlait comme un brasier. Elle avait soif,
et aucune boisson ne la désaltérait; elle se tournait, se retournait, ne
parvenait pas à dormir. A l’aube enfin elle s’endormit; mais lorsque son
mari se réveilla, quelques heures plus tard, elle était penchée sur lui,
toute tremblante, le considérant avec de grands yeux effrayés. «A quel
affreux cauchemar je viens d’échapper! lui dit-elle. Je rêvais que tu
étais mort, et que je restais seule, ici, couchée dans notre lit!» C’est
ce jour-là que, pour la première fois, Thomas eut un instant l’idée
qu’elle pouvait mourir.
Pendant plusieurs semaines, la fièvre reparut tous les soirs. Puis,
brusquement, elle s’arrêta. La jeune femme regagna des forces; ils
purent recommencer leurs promenades, leurs visites aux pauvres. Leurs
frères chrétiens eurent le bonheur de les voir de nouveau prendre leur
part des offices sacrés, où, lorsqu’Eunice n’y assistait pas, il
semblait à chacun que les cierges brillaient d’un éclat moins vif, et
que les fleurs, sur l’autel, avaient moins de parfum. Et ni le retour de
la fièvre, ni la fréquence croissante des accès de toux, ni, bientôt,
l’impossibilité où fut la malade de se lever de son lit, rien ne
prévalut désormais contre le souvenir de ces charmantes semaines de
convalescence. D’un jour à l’autre, certainement, un mieux pareil allait
se reproduire, cette fois pour ne plus cesser! Eunice, du moins,
l’affirmait, avec mille beaux projets d’emploi de leur temps après la
guérison. Le croyait-elle, au fond de son cœur, autant qu’elle
l’affirmait? Oui, sans doute: car son mari, qui sentait toutes choses
comme elle, avait au fond de son cœur la même certitude. De telle sorte
que tous deux, s’étant depuis longtemps accoutumés à régler leurs désirs
sur les circonstances, ou plutôt s’étant accoutumés à ne rien désirer
que leur seul amour, s’arrangeaient, en somme, aussi aisément de la
maladie que de la santé. Mais un matin Eunice, que la douce chaleur d’un
soleil de printemps avait un peu ranimée, demanda à son mari de lui
donner son miroir et ses peignes, pour «se faire belle». Et à peine se
fut-elle regardée dans le miroir qu’elle jeta un grand cri, un cri où se
mêlaient une frayeur, une angoisse, une détresse infinies. Elle venait
d’apercevoir, tout à coup, les deux rides profondes que la maladie avait
creusées sur ses tempes: et elle avait compris qu’elle allait mourir.
Haletante, frissonnante, les yeux dilatés d’horreur, elle se redressa
dans son lit. «Par pitié, disait-elle à Thomas, par pitié secours-moi,
fais en sorte que je puisse vivre encore quelque temps! Va demander au
prêtre s’il ne connaît pas un moyen de me sauver! Dis-lui que je suis
trop jeune pour mourir, que je t’aime trop, que j’ai trop besoin de
rester près de toi! On m’a parlé d’une vieille femme, dans la montagne,
qui sait guérir toutes les maladies. Par pitié, va chez elle, obtiens
d’elle que je ne meure pas! Garde-moi en vie, mon bien-aimé! Ne me
quitte pas, serre-moi dans tes bras, empêche la mort d’approcher de
moi!» Et elle pleurait, elle joignait ses mains, elle fixait sur lui ses
grands yeux suppliants. «Par pitié!» sans cesse elle répétait ces mots,
qui, sans cesse, creusaient d’une entaille plus aiguë le cœur de son
mari.
Toute la journée dura ainsi, plus longue pour le malheureux, et plus
accablante, que les sept ans qu’il avait perdus à se désespérer du néant
de sa vie. En vain, le sourire aux lèvres, il essayait de calmer Eunice
en lui jurant qu’elle se trompait, que déjà elle allait mieux, que
l’arrivée du printemps lui rendrait la santé. Elle se laissait
convaincre un moment; mais aussitôt la peur et l’angoisse la
ressaisissaient. Elle évoquait à présent tous les lieux qu’elle ne
reverrait plus, l’assemblée du soir avec ses beaux cantiques, les voiles
roses des barques sur la mer. Puis elle se redressait de nouveau, et
jetait autour d’elle un regard d’épouvante.
C’était la nature qui parlait dans sa chair, pour la dernière fois. Et
bientôt Dieu lui parla, à son tour. Le soir, comme elle récitait avec
son mari la prière de Jésus, elle s’arrêta brusquement après ces mots:
_Que votre volonté soit faite!_ Elle s’arrêta, baissa les yeux, prit,
dans sa pauvre petite main, la main de Thomas. «Pardonne-moi, lui
dit-elle, et demande à Dieu de me pardonner!» Une grande lumière s’était
soudain répandue en elle, lui découvrant que la vie et la mort étaient
choses également bonnes, également saintes, et dont elle devait
également remercier la volonté de Dieu.
* * * * *
Elle vécut encore près d’un mois: mais, dès ce soir-là, elle, avait
cessé d’appartenir à la terre. Ses traits même revêtirent de jour en
jour une beauté nouvelle, avec un merveilleux sourire, confiant et
grave, qui ne les quittait plus. Elle continuait cependant à comprendre,
à aimer la vie. Tout l’intéressait aussi activement qu’autrefois; elle
ne négligeait ni de nourrir et de vêtir les pauvres, ni de changer la
pâtée de ses oiseaux, ni de jouir des teintes légères du ciel, au soleil
couchant. Elle semblait seulement voir tout de plus haut, comme si son
âme, affranchie déjà des entraves de la matière, eût plané dans un air
plus pur et plus transparent. Souvent, pour distraire son mari, elle lui
rappelait leurs chères visites aux frontons de Phidias, leurs entretiens
sur l’art des vieux maîtres, un séjour qu’ils avaient fait à Olympie, et
qui avait été leur plus belle fête; elle croyait répéter ce que lui
avait dit son mari, et chacune de ses réflexions était si imprévue, si
nouvelle, si sage, qu’en effet Thomas éprouvait, à l’entendre, une
surprise qui le détournait un instant de sa peine. Mais, d’ailleurs, il
n’y avait rien qu’elle n’imaginât pour le distraire et le consoler:
tantôt lui assurant qu’elle allait guérir, se forçant à le croire
elle-même, dans son désir passionné de l’en persuader; tantôt, quand
elle le voyait trop désespéré, lui décrivant le bonheur qu’ils auraient
à se retrouver, après quelques années d’attente qui s’écouleraient comme
un jour.
Et, certes, Thomas ne doutait point qu’il la retrouverait: car si, mieux
que personne, il avait eu l’occasion de vérifier la justesse de la
parole de l’apôtre, que tous les hommes «sont, vivent, et se meuvent»
dans la main de Dieu, son propre exemple et celui d’Eunice lui
prouvaient aussi, non moins clairement, que, par la souffrance, la
maladie, et la mort, Dieu travaillait à façonner les âmes pour une vie
supérieure. Sans cesse sa femme s’élevait à cette vie; il l’y voyait
monter d’un vol si léger et si beau qu’il ne pouvait plus même penser à
la plaindre. Mais lui, comment aurait-il la force de vivre, séparé
d’elle, jusqu’à l’heure où Dieu consentirait enfin à les réunir? Il ne
s’était séparé d’elle qu’une fois, depuis qu’ils s’aimaient: pendant
deux jours qu’elle avait dû passer auprès de sa sœur malade; et il se
souvenait de l’interminable supplice que ces deux jours lui avaient
paru. Or voici qu’il aurait à subir ce supplice pendant des années!
Voici qu’il aurait à errer seul dans un monde dont sa femme était pour
lui l’unique lumière; plus seul infiniment et plus misérable que si tous
ses sens, d’un coup, s’étaient éteints en lui!
Thomas songeait tristement à tout cela, un matin d’avril, agenouillé au
pied du lit où Eunice dormait, lorsqu’il vit qu’elle avait rouvert les
yeux et désirait lui parler. «Comme je te remercie, lui dit-elle,
d’avoir fait venir ces enfants pour chanter autour de moi!» Après quoi,
de nouveau, elle ferma les yeux, le visage tout illuminé d’un sourire
plein de confiance et de gravité. Et le médecin, à qui il répéta ces
mots, lui affirma que c’était la fièvre qui la faisait délirer. Mais
Thomas avait appris, entre mille autres choses, à ne pas attacher une
grande importance aux affirmations des médecins. Non, Eunice ne délirait
pas! Il ne savait que trop ce qu’étaient ces enfants; et le vieux potier
le savait aussi, qui, après avoir frotté de l’huile sainte le front de
la jeune femme, lui dit, d’une voix que les larmes brisaient à chaque
mot: «Va maintenant à Dieu, âme chrétienne!» Elle pressa faiblement la
main de Thomas, soupira; et les enfants qui étaient venus la chercher
emportèrent son âme.
* * * * *
Et alors Thomas, qui s’épouvantait à l’idée de devoir vivre sans elle,
s’aperçut que, morte pour les autres, en lui et auprès de lui elle
restait vivante. L’amour les avait si fortement unis que la mort même
était impuissante à les séparer. Comme auparavant, Thomas voyait toutes
choses par les yeux d’Eunice, partageait avec elle toutes ses pensées,
se sentait tendrement bercé dans ses bras. Il la retrouvait tout entière
devant lui, toujours jeune, toujours belle, avec la noble et tranquille
sagesse dont la maladie l’avait revêtue. Avait-il un doute, une
hésitation, une inquiétude? Aussitôt il l’appelait et elle accourait,
infatigable à le divertir. Plus que jamais, elle lui était la lumière du
monde: l’aidant non plus à jouir de la vie terrestre,--car il en avait
épuisé toutes les jouissances,--mais à marcher d’un pas égal et sûr
jusqu’au seuil de cette autre vie, plus réelle, où il savait que leurs
deux cœurs achèveraient de se fondre en un seul pour l’éternité. Ou si,
par instants, il s’impatientait d’une attente trop longue, ou si quelque
souvenir du passé risquait de lui rendre le présent trop dur, bien vite
elle lui rappelait la prière divine qui, mieux que toutes les
philosophies, apaise les impatiences et adoucit les regrets: _Notre
Père, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel!_
C’est sur le conseil d’Eunice qu’il devint prêtre, peu de temps après
son veuvage, afin de pouvoir travailler plus librement au service de
Dieu. Et souvent les pêcheurs et les mendiants du port, pendant qu’assis
au milieu d’eux il leur prêchait l’Évangile, s’étonnèrent de voir
l’ombre blanche d’une jeune femme s’approcher de lui, et, se penchant
sur lui avec un doux sourire, lui murmurer à l’oreille les consolantes
paroles qu’il leur répétait.
1901.
FIN
TABLE
Pages.
I.--Le Baptême de Jésus 1
II.--Les Disciples d’Emmaüs 43
III.--Barsabas 123
IV.--Le Fils de la veuve de Naïm 197
TOURS
IMPRIMERIE DESLIS FRÈRES
6, rue Gambetta.