Note 676: _Guill. de Tyr, liv, XVI., § 27._

Le prince qui la volenté le roy avoit essaiée par plusieurs fois privéement

n'y trouvoit mie ce qu'il voulsist. Un jour vint à luy devant ses barons et

luy fist les requestes au mieulx qu'il sceut. Maintes raisons luy monstra

que s'il vouloit à ce entendre, moult feroit grant proffit à son ame et

acquerroit la louenge du siècle, et la crestienté accroistroit de trop

grant chose. Le roy se conseilla et puis luy respondi qu'il estoit voué au

sépulcre, et que mesmement pour là aller s'estoit-il croisié et que depuis

qu'il estoit parti de son pays il avoit eu mains encombriers, pour ce

n'avoit talent de prendre nulles guerres jusques atant qu'il eust son

pellerinage parfait; et après ce, il orroit volentiers parler le prince et

les autres barons de la terre de Surie, et par leur conseil feroit à son

pouvoir le profit de la besongne Nostre-Seigneur.

Quant le prince oï qu'il ne feroit rien vers luy de ce qu'il pensoit, trop

le prist à mal. Et tant comme il put pourchassa contre le roy et de le

courroucier se péna en toutes manières, si que la royne sa femme mist-il en

tel point qu'elle le voulut laissier et se départir de luy. Maintes gens

firent assavoir au roy que le prince luy pourchassoit mal. Tantost eut

conseil à ses hommes celéement et par leur accord s'en yssi de nuit de la

cité d'Antioche si que ne le sceurent pas tous; dont n'eut mie telle

procession au départir comme il avoit eu à l'entrée. Assez y eut gens qui

dirent par la terre[677] que le roy n'avoit pas fait son honneur de s'en

partir ainsi du pays.

Note 677: L'auteur des _Gesta_ ajoute: _Nec immerito_. Et Guillaume

de Tyr semble pencher pour cette opinion défavorable. Nos chroniques

ont jugé convenable de passer ce que dit d'Alienor Guillaume de Tyr:

«Uxorem enim in idipsum consentientem, quæ una erat de fatuis

mulieribus, aut violenter, aut occultis machinationibus, ab eo rapere

proposuit. Erat... mulier imprudens, et contra dignitatem regiam

legem negligens maritalem, tori conjugalis fidem oblita.»

(Lib. XVI, c. 27.)

Les grandes chroniques de France (3/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis · 第 330 / 369 题