Note 390: _Aimoini continuatio, lib. V, cap. 48._

Sa parole, qui volentiers fu reçue ès cuers des bons crestiens par la vertu

u Saint-Esperit, fist grant fruit: car le très-vaillant Aimars, évesque du

Pui, se croisa tantost, embrasé de l'amour Nostre-Seigneur, comme cil qui

tant bien fist et tant fust sage et preux en secourre et en aidier en toute

manière la chevalerie de la crestienté; si comme il est apparent, ès fais

que le barnage[391] de France fist en celle voie.

Note 391: _Barnage._ Baronnage.

Après luy, se croisèrent les haulx hommes Hues-le-Grant[392], frère le roy

Phelippe; Raymont, le conte de saint Gile; Estienne, le conte de Blois;

Robert, conte de Flandres; Paiens de Kaneleu[393], Rogier de Rosoy et maint

autres princes du roiaume de France, outre chevalerie et gens de pié sans

nombre. Par la renommée de ceste croiserie, se croisèrent maint autres

nobles et princes en autres régions.

Note 392 _Hues-le-Grant._ «Hugo magnus.» Cette finale du nom de

plusieurs membres de la famille capetienne ne doit-elle pas être

considérée comme analogue à celle des Charles de la seconde race.

_Carlomannus_ ou _Carlomagnus_, _Hugomagnus_, etc.

Note 393: _Paiens de Kaneleu._ Le latin du continuateur ne porte pas

ce nom ni le suivant.

En Sezile Buiaumons, le prince de Puille qui fu fils Robert Guichart,

estrait de la nacion des Normans; et le vaillant Tancrès, ses niés et maint

autres vaillans chevaliers de celle contrée; en Lorraine, le vaillant

Godefroy de Bouillon, Baudouyn et Eustace, ses frères, et maint autres

nobles princes de celle région. Et Nostre-Seigneur, qui vit leur intention

et leur bonne volenté, leur donna si grans graces que, après tant de paines

et de travaux que il souffrirent pour l'amour de Nostre-Seigneur,

prinstrent-il la grant cité de Nice et la noble cité d'Antioche, et puis

après la sainte cité de Jhérusalem et aultres plusieurs cités et chasteaux

sans nombre; et délivrèrent le saint sépulcre des paiens et de leurs

ordures, et les occistrent et destruirent, et orent tousjours victoire par

la vertu du Saint-Esperit. Et quant il orent ainsi esploicté, aucuns

retournèrent en leurs contrées et aucuns démourèrent au pays pour la terre

et le peuple deffendre, si comme Godeffroy de Bouillon, qui puis fu roy de

Jhérusalem, Baudouin et Eustace ses frères et maint autres barons.

Les grandes chroniques de France (3/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis · 第 210 / 369 题