Note 267: _Willelm. Gemet. hist., lib. IV, cap. 17._

Bien sceust le conte Thibaut la nouvelle de ceste besoingne et que le roy

requeroit paix au duc. Si se doubta moult que le fais et la paine de toute

la desloiauté n'eschéist sur luy. Au duc envoya un moine et luy manda que

moult se repentoit de ce qu'il avoit oncques vers luy mespris et que moult

volentiers vendrait à sa court et luy rendroit la cité d'Evreux. Moult fu

le duc lié de ce mandement: puis luy manda qu'il venist à luy seurement; et

il vint à sa court et lui rendi sa cité. Ensemble fermèrent paix et amour;

et luy donna le duc grans dons au départir. Quant le terme du parlement

approcha, que les prélas durent amener le roy à Gondolfosse, le duc fist

faire grans loges en l'ost des païens. Là descendi le roy et les prélas et

les barons. Au duc amenda toutes les mesprisons dont il s'estoit mesfait

vers luy, et donnèrent les uns aux autres serement de paix et d'alliances

à tousjours mais. Et ces choses ainsi profitablement faites, se départirent

d'une part et d'autre. Et le duc converti plusieurs des païens à la foy

crestienne, puis les envoya en Espaingne sur les Sarrazius, où il

destruirent dis-huit cités[268].

Note 268: Le texte de cette dernière phrase est mal traduit. «Alios

in paganismo permanere disponentes, ad Hispanias transmisit. Ubi

plurima bella perpetrantes, decem et octo diruerunt urbes.» Waco n'a

pas commis ce contre-sens.

[269]En ce temps morut Emma la duchesse, sans nul hoir, qui eut esté fille

Hues-le-Grant. Après un pou de temps espousa le duc une moult noble dame de

la gent de Saissoingne qui avoit nom Gunor. En celle engendra trois fils:

Richart, Robert et Mangier; et deux autres fils et trois filles: la

première, qui eut nom Emma, espousa puis Aldelrede, le roy d'Engleterre. De

celle issirent deux fils, Counars et Alurés[270]. La seconde, qui eut nom

Helduys, espousa Geffroy, le conte de Bretaingne. De celle issirent OEudes

et Alain, qui puis furent ducs; et la tierce, qui eut nom Maheut, fu

espousée au conte Heudon, dont l'istoire parlera cy-après[271]. [272]Cil

vaillant duc Richart mouteplioit tousjours en bonnes oeuvres et restoroit et

édifioit églyses. A Fescanp fonda une églyse de grant beauté et de

merveilleuse grandeur en l'honneur de la sainte Trinité et l'ournaet garni

de riches aournemens; et celle de Saint-Oyen restora, qui est en la cité de

Rouen, et celle aussi de Saint-Michel, qui est au Péril-de-Mer[273], et

establi laiens un couvent de moines pour servir Nostre-Seigneur.

Les grandes chroniques de France (3/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis · 第 133 / 369 题