[D] A. VOLLARD: _Paul Cézanne._

[E] Je veux tout de même avouer qu’une des plus grandes déceptions de

ma vie me vint au cours d’une visite que je fis, mon livre achevé,

à Judith Gautier. Elle habitait rue Washington et elle m’accueillit

d’un air lointain, parmi des chats qui déchiraient le velours usé de

sièges Louis XIII et le reps grenat de fauteuils Voltaire qui avaient

dû appartenir à son père. J’avais dû m’arrêter sur le palier, avant

de tirer le cordon de soie chinoise de sa sonnette, car l’émotion me

faisait battre le cœur, et j’avais beau savoir que j’allais voir une

vieille dame, je ne songeais qu’à la belle jeune fille qu’elle fut dans

la maison du maître, à Neuilly, savante et belle comme Hypathie.

Je vis le masque lourd du père Gautier, sans barbe, et elle ne regarda

même pas la dédicace de mon livre, occupée qu’elle était à me parler

d’un parent qu’elle n’aimait pas.

[F] Claude Monet.

[G] «_...Son rêve, dit M. A. Vollard, eut été de faire poser ses

modèles nus en plein air; mais c’était irréalisable pour beaucoup de

raisons... Aussi, quelle ne fut pas ma surprise quand il m’annonça,

un jour, qu’il voulait faire poser une femme nue! «Comment, Monsieur

Cézanne, ne puis-je m’empêcher de m’écrier, une femme nue?»--«Oh!

Monsieur Vollard, je prendrai une très vieille carne!» Il la trouva

d’ailleurs à souhait et, après s’en être servi pour une étude de nu, il

fit, d’après le même modèle, mais cette fois vêtu, deux portraits qui

font penser à ces parents pauvres que l’on rencontre dans les récits de

Balzac..._»

[H] _Ambroise Vollard_: PAUL CÉZANNE.

[I] A. VOLLARD: _Paul Cézanne._

[J] Émile BERNARD: _Souvenirs sur Paul Cézanne._

[K] _Paul Cézanne mourut à Aix, le 23 octobre 1906. Il avait eu,

quelques jours avant, une syncope dans son jardin où il travaillait à

une étude de paysan._

[L] _Charles Camoin, qui travaillait alors dans le Midi, apprit qu’un

petit propriétaire de l’endroit possédait une toile de Cézanne, dont

il voulait se défaire. Il alla chez lui sans dire qu’il était peintre,

en simple amateur, et l’homme lui présenta le tableau qui était un

truquage des plus authentiques.--«Ce n’est pas un Cézanne», dit

froidement l’artiste à ce rustique marchand qui eut brusquement l’air

d’assister à la mort d’un beau rêve et qui ne put que balbutier, en

levant les bras:--«Pourtant!...»_

[M]

Ici repose

Pierre-Paul Rubens, chevalier,

et seigneur de Steen,

fils de Jean Rubens, Sénateur de cette ville.

Doué de talents merveilleux, très docte

et versé dans l’histoire ancienne,

connaissant tous les arts libéraux

et les secrets de la politesse.

Il mérita principalement d’être déclaré

l’Apelle de son siècle et de tous les âges.

Il se concilia les bonnes grâces des monarques et des hommes

supérieurs. Philippe IV, roi d’Espagne et des Indes,

le nomma Secrétaire de son conseil privé,

et l’envoya dans la Grande-Bretagne, en 1629,

auprès du roi Charles Iᵉʳ.

Il eut le bonheur et la gloire de poser les bases

d’une paix bientôt conclue entre les deux souverains.

Il mourut l’an du salut 1640,

le 30 mai, âgé de 64 ans.

[N] Cette Académie était quai des Orfèvres.

Le dimanche avec Paul Cézanne (souvenirs) · 第 6 / 6 段