Et n’oublions jamais que, de toutes les vertus intellectuelles[68], la
plus féconde et la plus nécessaire, c’est la foi: la foi dans tous les
sens du mot, y compris son grand sens théologique. La foi, c’est
l’assentiment libre, habituel, de l’esprit et de la volonté, aux vérités
que Dieu révèle. Qu’il les révèle à la conscience, à la raison, au genre
humain ou à l’Église, par la nature ou par l’histoire, par tradition ou
par inspiration, naturellement ou surnaturellement, la foi est une vertu
de l’âme qui sent, en toutes choses, ce qui est de Dieu; qui le sent,
dis-je, qui s’y attache, et prend Dieu même, Dieu réel et présent, pour
fondement de ses magnifiques certitudes. La foi, divine ténacité de
l’âme, tient à Dieu même, à Dieu, source de vérité et source de liberté.
La foi est l’orientation de l’âme tout entière vers le vrai. Elle sait
d’avance que LA VÉRITÉ EST, qu’elle est belle, qu’elle répond à tout. La
foi possède la vérité avant de l’avoir vue, et y tient par le centre et
le fond quand la surface de réflexion n’en analyse encore aucun détail.
[68] Voyez dans notre Logique, le livre des _Vertus intellectuelles
inspirées_.