Encore un mot sur le devoir envers le corps. Souvenez-vous de ces trois
paroles: «1º La sagesse, dit l’Ancien Testament, ne peut pas habiter
dans un corps que le péché corrompt[64]. 2º Lorsque votre intention est
simple et droite, dit l’Évangile, tout votre corps est éclairé, et il
devient pour vous comme un réflecteur de lumière[65]. 3º La beauté du
visage dans un âge avancé est comme la lampe qui luit sur le chandelier
saint[66].» N’oubliez pas que c’est l’homme tout entier, âme et corps,
qui agit en tout, même dans l’œuvre morale et intellectuelle. Enfin
n’oubliez pas que la sainte communion catholique se donne pour protéger
et soutenir l’âme et le corps: _Ad tutamentum mentis et corporis._
[64] Sagesse, I, 4.
[65] Luc, XI, 36.
[66] Lucerna splendens super candelabrum sanctum, species faciei super
ætatem stabilem. (Eccli., XXVI, 22.)
X
Mais revenons à l’âme. Le choix fait, la mort écartée et la vie posée en
principe par la droiture de l’intention, il faut, pour que cet acte
fondamental de l’éducation personnelle donne ses fruits, il faut agir et
travailler, et déployer ses forces. C’est le moment. «Prends de la
force, et deviens homme,» dit alors la conscience: _Confortare et esto
vir._ Cette parole est dite à tout homme à l’entrée de la vie, comme au
prophète à l’entrée de la terre promise. Il s’agit en effet
d’entreprendre, et cela par nous-mêmes, l’éducation de l’intelligence et
l’éducation de la volonté. Il s’agit de conquérir la vérité, la liberté.