IV

Beaucoup d’hommes, il est vrai, manquent du bienfait de l’éducation

primitive; ils naissent sans patrimoine moral, et n’ont reçu peut-être,

pour viatique de cette vie difficile, que la perversité des exemples et

des maximes. Mais la raison et l’Évangile le disent: il ne sera demandé

à chacun que ce qui lui aura été donné. Dieu demande à chaque âme une

seule chose, toujours possible et toujours provoquée en nous par la

conscience et l’impulsion actuelle du Père, savoir: l’effort pour

s’orienter vers le bien à partir du point, quel qu’il soit, où l’on est.

V

En chaque point où se trouve une âme, s’ouvre toujours la double voie.

Toujours ceci est vrai: «Dieu pose l’homme et lui donne sa loi, puis le

laisse à sa liberté; la vie, la mort sont devant lui, il aura ce qu’il

choisira[63].» Le premier acte de l’éducation personnelle, acte d’où

tout dépend, c’est le choix primitif, radical, entre la double

direction: droiture, perversité, bien ou mal, vie ou mort. Voulez-vous

être bon? Voilà bien la question première.

[63] Eccli., XV, 14.

Les Sources · 第 104 / 138 题