Beaucoup d’hommes, il est vrai, manquent du bienfait de l’éducation
primitive; ils naissent sans patrimoine moral, et n’ont reçu peut-être,
pour viatique de cette vie difficile, que la perversité des exemples et
des maximes. Mais la raison et l’Évangile le disent: il ne sera demandé
à chacun que ce qui lui aura été donné. Dieu demande à chaque âme une
seule chose, toujours possible et toujours provoquée en nous par la
conscience et l’impulsion actuelle du Père, savoir: l’effort pour
s’orienter vers le bien à partir du point, quel qu’il soit, où l’on est.
V
En chaque point où se trouve une âme, s’ouvre toujours la double voie.
Toujours ceci est vrai: «Dieu pose l’homme et lui donne sa loi, puis le
laisse à sa liberté; la vie, la mort sont devant lui, il aura ce qu’il
choisira[63].» Le premier acte de l’éducation personnelle, acte d’où
tout dépend, c’est le choix primitif, radical, entre la double
direction: droiture, perversité, bien ou mal, vie ou mort. Voulez-vous
être bon? Voilà bien la question première.
[63] Eccli., XV, 14.