Je supplie Dieu d’ouvrir les yeux à tous les hommes qui pensent, afin
qu’ils se liguent pour comprendre et pour faire comprendre ce point: LE
PÈRE EST AVEC NOUS; NOTRE DIEU EST EN NOUS. Il vit en nous, et il veut
nous guider, et nous, ses enfants libres, nous suivons ou nous
résistons. Eh quoi! est-ce que la profonde séduction du Panthéisme,
jointe à sa manifeste absurdité, ne nous ouvriront pas les yeux? Ne
comprenez-vous pas qu’assurément tout être n’est pas Dieu, mais qu’en
tout être est Dieu, surtout dans l’âme intelligente et libre, où il
opère, éclaire, inspire? Voilà le fond commun de la métaphysique, de la
logique, de la morale et de toute la science du Devoir.
V
Oui, mon Père est en moi, au cœur de l’âme et à la source de mon être:
et il éclaire, et il opère, et il inspire, et il remplit ma jeunesse
d’une sainte joie. Et ma jeunesse, ce n’est pas seulement le
commencement de mes années, c’est encore cette jeunesse radicale, qui, à
tout âge, est toujours en mon centre, à l’origine des flots, au
commencement des impulsions et des inspirations. Heureux ceux qui, par
la tendresse reconnaissante, par l’humble recueillement, ne cessent de
se retremper dans la source! C’est ainsi que mon Père me rajeunit
incessamment, me renouvelle en tout mouvement de ma vie. Qui ne sait
plus se rajeunir touche à la mort.