IV

Je supplie Dieu d’ouvrir les yeux à tous les hommes qui pensent, afin

qu’ils se liguent pour comprendre et pour faire comprendre ce point: LE

PÈRE EST AVEC NOUS; NOTRE DIEU EST EN NOUS. Il vit en nous, et il veut

nous guider, et nous, ses enfants libres, nous suivons ou nous

résistons. Eh quoi! est-ce que la profonde séduction du Panthéisme,

jointe à sa manifeste absurdité, ne nous ouvriront pas les yeux? Ne

comprenez-vous pas qu’assurément tout être n’est pas Dieu, mais qu’en

tout être est Dieu, surtout dans l’âme intelligente et libre, où il

opère, éclaire, inspire? Voilà le fond commun de la métaphysique, de la

logique, de la morale et de toute la science du Devoir.

V

Oui, mon Père est en moi, au cœur de l’âme et à la source de mon être:

et il éclaire, et il opère, et il inspire, et il remplit ma jeunesse

d’une sainte joie. Et ma jeunesse, ce n’est pas seulement le

commencement de mes années, c’est encore cette jeunesse radicale, qui, à

tout âge, est toujours en mon centre, à l’origine des flots, au

commencement des impulsions et des inspirations. Heureux ceux qui, par

la tendresse reconnaissante, par l’humble recueillement, ne cessent de

se retremper dans la source! C’est ainsi que mon Père me rajeunit

incessamment, me renouvelle en tout mouvement de ma vie. Qui ne sait

plus se rajeunir touche à la mort.

Les Sources · 第 95 / 138 题