Note A, p. 32.
Les Arabes écrivent le nom de Carteya exactement comme ils écrivent
celui de Carthagène. C’est que déjà au VIIIe siècle on semble avoir
dit Carteyana au lieu de Carteya. Au XVIIe, on voyait encore sur les
ruines de Carteya une tour qu’on appelait Carteyana ou Cartagena;
aujourd’hui on l’appelle Torre del Rocadillo. Voyez Caro, _Antiguedades
de Sevilla_, fol. 123, col. 4; _España sagrada_, t. IV, p. 24, et
Barrantes Maldonado, _Illustraciones de la casa de Niebla_ (dans le
_Memorial histórico español_, t. IX, p. 369).
Note B, p. 70.
Il est fort singulier que les historiens arabes diffèrent sur la date
d’un événement aussi important que la révolte du faubourg méridional de
Cordoue contre Hacam Ier. Tous s’accordent pour dire qu’elle eut lieu
dans le mois de Ramadhân; mais les uns la placent dans l’année 198 de
l’Hégire, les autres dans l’année 202. Ibn-Adhârî et Ibn-Khaldoun la
placent en 202; Nowairî la raconte bien sous l’année 198, mais il ajoute
que d’autres la mettent en 202; enfin, Ibn-al-Abbâr donne non-seulement
l’année 202, mais aussi le jour de la semaine et le quantième du mois;
la révolte commença, dit-il, le mercredi, treize jours après le
commencement de Ramadhân.
* * * * *
Malgré ces témoignages, respectables à coup sûr, j’ai cru devoir adopter
la date de 198, et voici pourquoi:
1º. D’après Ibn-al-Abbâr et Ibn-Adhârî, une partie considérable des
révoltés alla chercher un asile à Tolède, «cette ville étant alors en
révolte contre Hacam.» Ce renseignement s’applique très-bien à l’année
198, car à cette époque Tolède était réellement en insurrection, mais
non à l’année 202, puisque, dans l’année 199, Hacam s’était rendu maître
de Tolède (voyez Ibn-Adhârî, t. II, p. 76), et que, pendant le reste du
règne de ce prince, cette ville demeura dans l’obéissance.
2º. La date 198, sous laquelle Nowairî raconte la révolte, est confirmée
par un historien fort ancien et fort respectable, Ibn-al-Coutîa. Cet
auteur ne nomme point d’année, mais il dit que l’entrevue de Hacam avec
Tâlout eut lieu un an après la révolte, et qu’après cette entrevue,
Hacam fut attaqué d’une maladie qui mina ses forces pendant sept années,
et qui finit par l’emporter dans la tombe. Il place donc la révolte huit
années avant la mort de Hacam, laquelle arriva, d’après tous les
historiens, en 206.
3º. La date de 198 est aussi confirmée par le témoignage de Macrîzî,
historien qui travaillait, non sur des documents arabes-espagnols, mais
sur des chroniques égyptiennes. Macrîzî fait venir les Andalous à
Alexandrie en 199; dans cette même année, le gouverneur de la ville,
qu’ils avaient destitué, les attaque; vers la fin de l’année 200,
Abdalazîz marche contre eux. Il est impossible que toutes ces dates
soient erronées.
Note C, p. 280.
D’après la règle établie par le concile de Nicée, la solennité pascale,
dans l’année 891, aurait dû avoir lieu le 4 avril; mais comme les
chroniqueurs arabes placent la bataille de Polei dans l’année 278 de
l’Hégire, laquelle commença le 15 avril 891, il est probable que les
Andalous auront célébré leur Pâques d’après le système de leur
compatriote Migetius, système que le pape Adrien Ier mentionne et
condamne dans une lettre adressée à l’évêque Egila. Voyez cette lettre
dans l’_España sagrada_, t. V, p. 532, c. 6.
Note D, p. 324.
En 896, pendant le siége de Velez, plusieurs cavaliers et piétons de
l’armée du sultan, attirés par l’espérance d’une paye plus forte,
passèrent à l’ennemi. Ibn-Haiyân, fol. 88 v.--Pendant le siége de Lorca,
il y eut de nombreuses désertions dans l’armée du sultan et dans celle
de Daisam. Le même, fol. 89 r.--En 897, douze soldats de Tanger, qui
servaient sous Ibn-Hafçoun, vinrent offrir leurs services au général du
sultan. Le même, fol. 91 v.--Dans la dernière année du règne d’Abdallâh,
les régiments de Tanger que ce prince avait à son service, désertèrent
en masse (apparemment parce que leur solde était arriérée) pour aller
se ranger sous les drapeaux d’Ibn-Hafçoun et sous ceux de son allié,
Saîd ibn-Hodhail de Monteleon. Bientôt après, ils eurent à Bobastro et à
Monteleon une violente querelle avec leurs nouveaux camarades. On en
vint aux mains, et presque tous les Berbers furent massacrés. Ceux qui
survécurent à cette catastrophe retournèrent dans le camp du sultan et
obtinrent leur pardon. Le même, fol. 107 r.; Arîb, t. II, p. 152.