«Londres, vendredi 16 août 1822.
«Quand je pense que je suis peut-être au moment de vous voir, je
suis ravi de joie; puis toutes les craintes et les incertitudes
reviennent, et je me désole. Avec le caractère de nos amis, la
chose la plus difficile à prendre, c'est une résolution. Ce qui
devrait les décider à m'envoyer est peut-être ce qui les décidera à
ne rien faire. Ils diront: il faut voir ce que fera l'Angleterre.
C'est comme si je les entendais d'ici.
«Mais l'Angleterre, que fera-t-elle? Qui enverra-t-elle au congrès?
Très-certainement pas le nouveau ministre des affaires étrangères,
qui n'est pas nommé et qui ne le sera pas de longtemps. Cependant
l'empereur de Russie arrive à Vienne, et il est plus que temps que
l'on se décide à Paris à nommer promptement l'ambassadeur au
congrès.
«J'attends de vos nouvelles dimanche. Il y a des siècles que je
n'ai rien reçu de vous. Travaillez pour moi, et ramenez-moi dans la
petite cellule!»