«Londres, vendredi 9 août 1822.
«Cela me fait un certain plaisir de penser qu'au moment où vous
recevrez cette lettre, l'affaire du congrès est décidée. On
supporte tout, hors l'incertitude. J'ai toujours cru, malgré vos
espérances, que la décision serait contre moi et que Mathieu irait
à Vienne. M'a-t-on adjoint à lui comme on a adjoint ici lord
Clanwilliam à lord Londonderry? Je ne le crois pas. Ainsi je me
retrouve tout simplement ambassadeur à Londres. Reste à savoir ce
que j'ai à faire, et c'est à vous à me le dire.
«Voulez-vous venir me rejoindre ici ou voulez-vous que j'aille vous
trouver? Donnerai-je ma démission? demanderai-je un congé ou une
simple permission? resterai-je où je suis? Tout cela a mille ennuis
et mille inconvénients. Il n'y a de bon que d'être avec vous. Si je
me retire, j'ébranle tout le système royaliste; si je demeure
patient sous le traitement qu'on me fait essuyer, je mourrai du
spleen et de chagrin ici. Conseillez-moi donc, ou plutôt commandez:
je suis votre humble esclave.»