«5 juillet 1822.
«Ne pourriez-vous écrire d'une manière un peu moins sèche?
J'aimerais mieux un mot de vous, comme autrefois, que toute votre
politique. Cependant je tiens au congrès, parce que je vous
reverrais, s'il y a lieu, dans six semaines. Ainsi, si vous êtes
comme autrefois, c'est autant votre affaire que la mienne; soignez
donc cela, et c'est pour cela qu'il faut bien ménager _Sosthènes et
ses amis_. Il faut bien leur mettre dans la tête que si Mathieu
lui-même ne va pas au congrès (et il aurait tort politiquement d'y
aller), il n'y a personne à y envoyer que moi. Mais si Mathieu
allait au congrès, pourquoi n'aurais-je pas le portefeuille des
affaires étrangères par _interim_?
«Voilà une idée à jeter en avant auprès de _Sosthènes et de ses
amis_, en recommandant la discrétion et le secret. Mais il ne
faudrait pas en dire un mot à Mathieu; il prendrait l'épouvante, et
tout cela ne veut dire autre chose, sinon que je meurs d'envie
d'être dans votre cellule.
«Remerciez pour moi M. Arnault; quand j'aurai lu sa tragédie, je
vous en écrirai.
«Je ne conçois pas comment on vous a fait arriver l'affaire de M.
Laffon-Ladébat. Tout le monde m'assomme de cette affaire à laquelle
je m'emploie très-volontiers et à laquelle je ne peux rien. Mais
sûrement, si ce que vous voulez est possible, cela sera fait.»