«7 mai 1822.
«On attend demain, ici, M. de Broglie et M. de Staël. Ils me
donneront de vos nouvelles. Je vous en prie, soyez un peu discrète
avec Adrien. Vous n'avez pas d'idées des lettres que m'écrit Mme de
D...
«Je suis accablé de travail. Nos affaires vont merveilleusement
ici; si elles allaient aussi bien en France, vos amis les libéraux
ne seraient pas si hargneux. Quoi qu'il en soit, ma prédiction
s'accomplira, et ils seront battus par le pauvre petit ministère
royaliste qui n'a l'air de rien du tout. Cependant ce ministère a
fait bien des sottises depuis mon départ, et les royalistes ont
raison de se plaindre. J'ai écrit pour tout raccommoder. Les
correspondances privées qu'on imprime dans les journaux anglais me
font aussi sans cesse rappeler en France pour être premier
ministre. Je ne sais ce qui peut donner naissance à ces sots
bruits.
«Je vous quitte; je tombe de fatigue. J'ai écrit aujourd'hui une
longue dépêche de la plus haute importance.
«Que ne suis-je dans la petite cellule!»