«3 mai 1822.
«Je suis réellement désolé de vous voir si affligée du sort de cet
infortuné jeune homme[54] que vous en oubliez tous vos amis. Hélas!
nous avons assez de causes de souffrance à nous, sans y joindre
encore des causes étrangères. Je vois par ce que vous me dites et
par ce que m'écrivent tous mes amis, que tandis que j'arrange les
affaires des royalistes au dehors, on les défait au dedans. J'y
fais cependant ce que je puis. J'ai écrit à Mathieu, à Villèle, à
Corbière. Je les ai avertis du danger; ma conscience est en paix.
S'ils tombent, j'en serai très-fâché pour eux. Quant à moi, je
rentrerai avec joie dans la vie privée et je vous promets de n'en
sortir de ma vie. Ce sera du moins le moyen de ne plus vous
quitter.
«On parle toujours d'un congrès pour le mois de septembre, veillez
bien à cela. Il faut que j'y aille pour revenir à Paris. Tous nos
plans, comme vous le savez, sont établis sur le congrès.
«Je continue à être très-bien vu ici. Je voudrais que mes amis de
Paris sentissent un peu le prix de mes services, non pour ce que
ces services valent en eux-mêmes, mais parce qu'ils auraient moins
d'envie de me tenir éloigné.»