«Berlin, 3 mars 1821.
«Nous touchons au dénoûment. Le 15 de ce mois, je vais demander le
congé pour le 15 d'avril ou le premier mai. Si on me le refuse, je
donnerai ma démission motivée. J'ai reçu une lettre de Villèle,
fort triste et fort découragée; il a fait, selon moi, de grandes
fautes, surtout en ne se déclarant pas pour mon système _de la
Charte et des honnêtes gens_, en ne se prononçant pas à la fois
pour les libertés publiques et contre les pervers de la Révolution;
mais comme je suis comme don Quichotte, l'homme aux justices, j'ai
pris le parti de Villèle dans une lettre que j'ai écrite à Fiévée
sur son ouvrage qu'il m'avait envoyé. Vous voyez tout ce que je
retire de cette loyauté. Je vais répondre à Villèle, et lui dire
que c'est à lui à obtenir le congé. Au reste, comme mon parti est
pris, c'est comme ils voudront; et je désire plus pour eux que pour
moi que tout se passe poliment, gracieusement, sans éclat, sans
rupture.
«J'ai vu chez le prince Auguste le dessin d'une femme appelé
l'_Exil_, d'après votre portrait. Ce n'est pas vous, mais il y
avait assez de vous pour me faire faire des réflexions tristes sur
l'exil.»