«Mon mari vous prie maintenant de voir avec Mme de Staël dans les
personnes de votre société quelles sont celles qui accepteraient
une de ces souscriptions de cent écus, et nous aurons alors le
bonheur de n'abandonner aucune des enfants dont nous nous sommes
chargés dès l'origine, ce qui fait avec celles qui sont déjà
sorties et placées plus de soixante individus qui vous devront leur
moralité, leurs talents et leur pain. Cette pensée, chère amie,
console de bien des peines et de bien des injustices, elle donne le
courage de continuer sans s'embarrasser des jugements humains.
«J'écrirai à Mme de Staël au premier jour; je veux la remercier de
ses bontés.
«Adieu, mon amie, donnez-moi de vos nouvelles et que je n'ignore
rien de ce qui vous intéresse ni de vos desseins.
«ANNETTE DE GÉRANDO.»
Aux souscriptions de cent écus, Mme Récamier ajoutait des dons qu'on
n'osait refuser à sa gracieuse tyrannie.
L'amiral Decrès lui envoyait mille francs avec ce billet.