BONAPARTE.

Au quartier-général à Milan, le 30 messidor an 5 (18 juillet 1797).

_Au même._

Je reçois à l'instant même, citoyen général, votre lettre du 28.

J'espère en recevoir une demain avec le récit de l'entrevue que vous

aurez eue avec M. de Gallo, cela me décidera à partir: je passerai par

Verone, Vicence, Padoue et Trévise, où je passerai la revue de ces

quatre divisions.

Tout est ici fort tranquille. J'ai reçu de nouveaux ordres du directoire

pour réunir Bologne et Ferrare avec les Cisalpins; j'ai pris le _mezzo

termine_ de laisser ces pays maîtres de faire ce qu'ils voudront,

puisque nous avons reconnu l'indépendance des républiques cisalpine et

cispadane. S'ils veulent se réunir, nous ne pouvons pas les en empêcher:

j'ai préféré ce parti, quoiqu'il puisse entraîner quelques inconvéniens,

à celui de donner un ordre de réunion.

Ce courrier-ci ne partira que lorsque la poste sera arrivée, afin de

vous envoyer vos lettres, si vous en avez, et les principaux journaux.

J'ai fait partir hier, par un courrier extraordinaire, copie de la

lettre que vous m'avez écrite; je fais partir à l'instant même votre

dernière.

Je joins ici copie de la lettre que j'ai écrite au directoire en

envoyant l'une et l'autre.

Comme vous le verrez, je me suis lancé très-avant et mis très-volontiers

en butte à toutes les factions. Cela serait très-mal calculé, si

je trouvais dans l'ambition et l'occupation de grandes places ma

satisfaction et le bonheur; mais ayant placé de bonne heure l'une et

l'autre dans l'opinion de l'Europe entière et dans l'estime de la

postérité, j'ai pensé que je ne devais pas être arrêté par tous ces

calculs et ce grand tapage des factions: je vous avoue cependant que je

désire bien de rentrer dans la vie privée; j'ai payé ma part.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 838 / 899 题