Au quartier-général à Milan, le 29 messidor an 5 (17 juillet 1797).
_Au même._
Il est difficile, je crois, de mettre en doute aujourd'hui que
l'empereur veut gagner du temps: quel en est le motif? Il est difficile
de l'imaginer, à moins que de le voir dans les journaux royalistes, le
club de Clichi et la rentrée des émigrés. Je l'ai dit positivement au
gouvernement; il me semble qu'il est aisé de fermer le club de Clichi,
de briser toutes ses presses, et de faire arrêter une douzaine
d'émigrés: cela seul peut nous assurer la paix.
Croyant que je devais partir pour Udine, j'étais revenu à Milan, où
il fait une chaleur affreuse. Je suis bien fâché d'avoir quitté
actuellement Montebello.
Si M. Baptiste n'est pas arrivé lorsque vous recevrez ce courrier, je
suis d'avis que vous pressentiez ces MM. les plénipotentiaires par une
lettre courte et ferme, que vous leur déclariez qu'il est notoire
qu'on vous joue, que S.M. rompt les préliminaires, et qu'elle sera
responsable, aux yeux de l'Europe, des suites funestes qu'aura pour
l'humanité la guerre cruelle qui va recommencer.
Il paraît que les négociations de Lille sont commencées.
Si jamais il était possible de conclure la paix avec l'Angleterre, il
faudrait que l'empereur se souvînt de sa mauvaise foi.
Les choses vont parfaitement ici et à Gênes.