BONAPARTE.

Au quartier-général à Milan, le 29 messidor an 5 (17 juillet 1797).

_Au directoire exécutif._

Je vous envoie copie de la lettre que m'écrit le général Clarke.

M. Baptiste est parti de Montebello le 5 messidor. Quatre jours avant,

MM. les plénipotentiaires avaient fait partir un courrier, qui portait à

peu près la même chose. Voilà donc près d'un mois que la cour de Vienne

laisse ses plénipotentiaires et ne répond à rien.

Il est bien évident que la cour de Vienne n'est pas de bonne foi, et

qu'elle traîne en longueur pour attendre la décision des affaires

intérieures, que toute l'Europe croit très-prochaine.

Voulez-vous épargner cinquante mille hommes de l'élite de la nation qui

vont périr dans cette nouvelle campagne? Faites briser avec quelque

appareil les presses du _Thé_, du _Mémorial_, de la _Quotidienne_[15];

faites fermer le club de Clichi, et faites faire cinq ou six bons

journaux constitutionnels.

Cette crise, qui, en réalité, sera extrêmement légère, suffira pour

faire voir à l'étranger qu'il n'a encore rien à espérer: elle rétablira

l'opinion et ôtera aux soldats cette vive inquiétude qui anime toutes

les têtes, et qui finira par des explosions dont les conséquences ne

peuvent pas se prévoir.

Il est bien malheureux que, lorsque nous commandons à l'Europe, nous ne

puissions pas commander à un journal de la faction royale qui lui est

évidemment vendu!

À quoi sert que nous remportions des victoires à chaque instant du jour?

Les menées dans l'intérieur annulent tout, et rendent inutile le sang

que nous versons pour la patrie.

Le gouvernement de ce pays-ci se consolide.

À Gênes, l'esprit public est comme en 1789 en France.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 832 / 899 题