(22 juin 1797).
_Au chef de l'état-major._
Vous voudrez bien, citoyen général, traduire devant le conseil militaire
de sa division le citoyen Hibert, capitaine de la quatre-vingt-cinquième
demi-brigade, pour avoir marché à la tête d'un rassemblement armé,
composé partie de Français tirés des dépôts, partie d'Italiens, à
l'instigation de plusieurs étrangers soi-disant patriotes, ayant à
cet effet surpris un ordre à l'adjudant-général de la division de la
Lombardie: le but de ce rassemblement étant de troubler l'harmonie
existante entre la république française et celle de Gênes, et comme tel,
étant coupable d'un délit d'autant plus grand, que les conséquences
pouvaient en être plus funestes:
L'effet de ce rassemblement ayant été de faire périr trois ou quatre
soldats français qui croyaient servir leur patrie en marchant sous les
ordres du citoyen Hibert;
L'effet de ce rassemblement ayant encore été 1°. de troubler la
tranquillité du peuple de Piève; 2°. d'accoutumer les Italiens à verser
le sang français sans scrupule et sans crainte: ce qui, par la suite,
pourrait avoir des conséquences plus considérables encore.