Au quartier-général à Montebello, le 25 prairial an 5 (13 juin 1797).
_Au général Baraguay d'Hilliers._
Dix-huit officiers de marine se rendent en poste, demain, à Venise. J'ai
donné au citoyen Perrée, chef de division, qui les commande, les ordres
pour la destination de ces officiers: mon intention est qu'une partie
parte de suite sur un bâtiment léger, et cherche à rejoindre notre
escadre, afin de pouvoir concourir au succès, et de pouvoir se mettre
sur les quatre bâtimens qui sont à Corfou, dès l'instant qu'ils seront
en notre pouvoir.
Je vous prie de présenter le citoyen Roubaud, commissaire ordonnateur,
et le citoyen Perrée, qui fait les fonctions de contre-amiral, au
gouvernement provisoire; vous lui direz que, dans la position actuelle
des deux républiques, nos intérêts sont tellement liés, que nous devons
désirer que notre marine prenne promptement une tournure redoutable,
afin de se maintenir dans l'Adriatique, et pouvoir rester maîtres des
îles et du continent de la Dalmatie, si l'empereur ou quelque autre
puissance voulaient s'en emparer. Comme il faut que le grand provéditeur
fasse les fonds, entretienne tous les hommes et fournisse les matelots,
il faut dire et avoir toujours l'air de faire tout de concert avec et
pour eux; il faut les ménager et faire tout ce qui est possible pour
qu'ils soient contens de nous.
Le général d'artillerie Sugny doit demander à son chef la poudre et les
munitions dont il pourrait avoir besoin pour l'armement des îles.
Je ne tarderai point à me rendre moi-même à Venise.