BONAPARTE.

Au quartier-général de Montebello, le 2 prairial an 5 (21 mai 1797).

_Au général Baraguay d'Hilliers._

Le citoyen Haller vous aura remis une lettre, dans laquelle je vous

parlais de la nécessité de ne pas mécontenter le commerce de Venise, et

de ne faire aucune démarche ostensible qui pût servir de prétexte aux

puissances étrangères de réclamer contre vous. Il faut maintenir

la police dans la ville, veiller à la sûreté de vos troupes et des

positions que vous occupez, et ne vous mêler en aucune manière du

gouvernement de la ville. La position actuelle de Venise est extrêmement

critique. Je préfère que le gouvernement provisoire ou le citoyen

Lallemant fassent les démarches ostensibles. Il est extrêmement

nécessaire que vous paraissiez le moins possible. Procurez à la ville

toutes les facilités qui seront en votre pouvoir, soit pour les

subsistances, soit pour ce qui pourrait dépendre de vous; ne laissez

cependant rien sortir, et ne souffrez pas qu'on touche à ce qui est dans

l'arsenal ou dans les magasins d'armes.

Exigez que l'on rappelle le plus promptement possible l'escadre qui

est à Corfou, et faites qu'on envoie les troupes italiennes qui sont

à Venise, pour remplacer les Esclavons dans Corfou et les îles de

l'Adriatique.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 758 / 899 题