Au quartier-général à Milan, le 26 floréal an 5 (15 mai 1797).
_Au citoyen Faypoult, ministre de la république française, à Gênes._
Je réponds à votre lettre du 21 floréal, citoyen ministre. Je pense,
comme vous, que la chute entière de Venise amène celle de l'aristocratie
de Gênes; mais il faut pour cela encore quinze jours pour que les
affaires de Venise soient bien complètement terminées.
Il est hors de doute qu'il faut laisser Gênes république indépendante;
mais il n'est pas moins vrai qu'en réunissant à Gênes tous les fiefs
impériaux, il faudrait chercher à avoir le golfe de la Spezzia pour la
nouvelle république. Cette seconde pensée s'exécuterait naturellement
lorsque le gouvernement aristocratique serait dissous, et le corps de
l'état en fusion: alors nous serions toujours sûrs d'avoir avec nous
Gênes ou la Spezzia.
Je vous salue et vous prie de m'écrire un peu plus souvent relativement
à l'idée que vous avez: