Au quartier-général à Palma-Nova, le 12 floréal an 5 (1er mai 1797).
_Au directoire exécutif._
Je reçois à l'instant des nouvelles de la république cispadane. Les
choix ont été fort mauvais. Les prêtres ont influencé toutes les
élections, des cardinaux et des évêques sont venus exprès de Rome pour
diriger les choix du peuple; ils voient bien que leur salut ne dépend
plus que de leur influence dans le corps législatif.
La république cispadane, comme la Lombardie, a besoin d'un gouvernement
provisoire pendant trois ou quatre ans, pendant lesquels on cherchera à
diminuer l'influence des prêtres: sans quoi, vous n'auriez rien fait en
leur donnant la liberté. Dans les villages, ils dictent des listes et
influencent toutes les élections; mais, conformément à vos ordres et
aux traités, je vais commencer par réunir sous un même gouvernement
provisoire la Lombardie et la Cispadane: après quoi, je prendrai les
mesures qui se concilient avec leurs moeurs, pour y diminuer l'influence
des prêtres et éclairer l'opinion.