Les deux premiers articles comme dans les précédens.
3. La renonciation par S. M. l'empereur de tous ses droits an Milanez et
à la Lombardie.
4. La France s'engagerait à donner à S. M. l'empereur des compensations
proportionnées au Milanez et au duché de Modène, qui seront l'objet
d'une négociation, et dont il devrait être en possession au plus tard
dans trois mois.
Si l'un de ces trois projets est accepté à Vienne, les préliminaires de
la paix se trouveraient signés le 20 avril (8 floréal), sans quoi,
vu que les armées du Rhin n'ont fait encore aucun mouvement, je leur
proposerais un armistice pur et simple pour les trois armées, et pour
trois mois, pendant lesquels on ouvrira des négociations de paix.
Pendant ce temps, on fortifierait Clagenfurth et Gratz, on ferait venir
toutes les munitions de guerre de ce côté-ci, l'armée s'organiserait
parfaitement, et vous auriez le temps d'y faire passer quarante mille
hommes de l'armée du Rhin: moyennant quoi vous auriez une armée
extrêmement considérable, dont la seule vue obligerait l'empereur à
faire de plus grands sacrifices.
Si rien de tout cela n'est accepté, nous nous battrons, et si l'armée
de Sambre-et-Meuse s'est mise en marche le 20, elle pourrait, dans les
premiers jours du mois prochain, avoir frappé de grands coups et se
trouver sur la Reidnitz. Les meilleurs généraux et les meilleures
troupes sont devant moi. Quand on a bonne volonté d'entrer en campagne,
il n'y a rien qui arrête, et jamais, depuis que l'histoire nous retraça
des opérations militaires, une rivière n'a pu être un obstacle réel. Si
Moreau veut passer le Rhin, il le passera; et s'il l'avait déjà passé,
nous serions dans un état à pouvoir dicter les conditions de la paix
d'une manière impérieuse et sans courir aucune chance; mais qui craint
de perdre sa gloire est sûr de la perdre. J'ai passé les Alpes juliennes
et les Alpes nordiques sur trois pieds de glace; j'ai fait passer mon
artillerie par des chemins où jamais chariots n'avaient passé, et
tout le monde croyait la chose impossible. Si je n'eusse vu que la
tranquillité de l'armée et mon intérêt particulier, je me serais arrêté
au-delà de l'Isonzo. Je me suis précipité dans l'Allemagne pour dégager
les armées du Rhin et empêcher l'ennemi d'y prendre l'offensive. Je suis
aux portes de Vienne, et cette cour insolente et orgueilleuse a ses
plénipotentiaires à mon quartier-général. Il faut que les armées du Rhin
n'aient point de sang dans les veines: si elles me laissent seul, alors
je m'en retournerai en Italie. L'Europe entière jugera la différence de
conduite des deux armées: elles auront ensuite sur le corps toutes les
forces de l'empereur, elles en seront accablées, et ce sera leur faute.