BONAPARTE.

Au quartier-général à Ancône, le 22 pluviose an 5 (10 février 1797).

_Au directoire exécutif._

Nous avons beaucoup à nous plaindre, citoyens directeurs, de la conduite

des baillis suisses. Je n'ai fait mettre les barques canonnières sur

le lac de Lugano que pour empêcher la contrebande qui se faisait, et

arrêter la désertion des prisonniers autrichiens, protégés par les

Suisses. Nous avions droit de mettre ces barques sur le lac, puisqu'une

bonne partie du rivage nous appartient; d'ailleurs, si les baillis

suisses continuent à se mal conduire, je ne leur accorderai plus de blé,

et s'ils se permettent des voies de fait, je ferai brûler les villages

qui se seront mal comportés. Les Suisses d'aujourd'hui ne sont plus les

hommes du quatorzième siècle: ils ne sont fiers que lorsqu'on les cajole

trop; ils sont humbles et bas lorsqu'on leur fait sentir qu'on n'a pas

besoin d'eux: si nous ne les secourions pas du côté du Milanez, ils

mourraient de faim; nous avons donc le droit d'exiger qu'ils se

conduisent avec égard.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 683 / 899 题