Au quartier-général à Verone, le 28 nivose an 5 (17 janvier 1797).
_Au général Joubert._
Nous voilà donc aux mêmes positions où nous étions, M. Alvinzi ne peut
pas en dire autant: il s'agit actuellement de savoir en profiter. Je
vous prie de me faire passer votre état de situation, et de veiller à
ce qu'il soit exact. Je viens d'ordonner qu'on vous envoie le
vingt-quatrième régiment de chasseurs en place du vingt-deuxième: si
cet arrangement ne vous convenait pas, il faut que vous m'en préveniez
sur-le-champ.
Je viens d'ordonner au général d'artillerie de fournir à votre division
douze pièces d'artillerie prêtes à marcher, et trois pièces d'artillerie
de montagne. Il ne peut vous manquer pour marcher que des souliers et
des vivres. Faites vérifier dans vos magasins, et faites transporter à
Rivoli trente mille rations de biscuit, et assurez-vous qu'il existe
dans vos magasins tout ce qui est nécessaire pour avoir, le 30 au soir,
trente mille rations de pain: cela fait des vivres pour votre division
pendant quatre jours.
Il paraît encore vous manquer de souliers: faites-moi connaître dans
la nuit, au juste et sans exagération, combien il vous en faut.
Renvoyez-moi la carte que j'ai laissée chez vous, de la ligne entre
Rivoli et l'Adige.
Je vous préviens que vous vous mettrez en mouvement dans la nuit du 30
nivose au 1er pluviose.
Faites-moi passer le plus tôt possible une relation des deux journées de
la Corona, du combat de Rivoli, le nom des hommes qui se sont distingués
et l'avancement qu'on pourrait leur donner.
Vous voilà avec deux seuls généraux de brigade, Baraguay d'Hilliers et
Vial; je viens de donner les ordres pour que le général Dugoulot se
rende sous vos ordres; je ferai demain donner des ordres à un quatrième.
Je n'ai point vu le chef de brigade de la quatorzième de ligne à
la bataille de Rivoli: mon intention est que les chefs de brigade
commandant restent toujours à leurs corps, et que les membres du conseil
militaire, quel que soit leur grade, se trouvent à leurs drapeaux à
toutes les affaires générales.