Au quartier-général à Roverbello, le 26 nivose an 5 (15 janvier 1797).
_Au général Joubert._
La dix-huitième et la cinquante-septième sont ici. L'ennemi, après avoir
passé l'Adige, s'est divisé en deux corps: le premier s'est mis en
marche vers Mantoue, le second est resté à Anghuiara pour défendre le
pont de l'Adige. Les généraux de division Guieux et Augereau ont attaqué
ce corps, auquel ils ont fait deux mille prisonniers, pris plusieurs
pièces de canon, et brûlé tous ses ponts sur l'Adige.
Le premier corps s'est présenté à midi à Saint-George: le général
Miollis, qu'il a sommé de se rendre, lui a répondu à coups de canon.
Après une fusillade très-opiniâtre, l'ennemi n'a point pu forcer ce
poste essentiel; il est dans ce moment-ci entre Saint-George et le
Mincio, au village de Valdagno, où il cherche à communiquer par le lac
avec la garnison de Mantoue. Je fais reconnaître dans ce moment sa
position; j'attends quelques rapports sur les reconnaissances que j'ai
fait faire de la Molinella, après quoi je chercherai à le battre. Si le
général Augereau, comme je pense, se porte sur Castellara à la suite
de cette colonne qui lui a échappé, vous sentez que nous vaincrons
facilement. La trente-deuxième vient d'arriver à Franca, cela nous
mettra à même de finir bientôt cette lutte sanglante et vive, qui est,
je crois, une des plus actives de la campagne. J'attends avant minuit un
petit billet de votre part, de la Corona.