BONAPARTE.

Au quartier-général à Milan, le 20 frimaire an 5 (10 décembre 1796).

_Au congrès d'état_.

Je ne vois aucun inconvénient, citoyens, à ce que vous envoyiez des

députés à la fédération de Reggio: l'union des patriotes fait leur

force. Je suis bien aise de saisir ces circonstances pour détruire des

bruits répandus par la malveillance. Si l'Italie veut être libre, qui

pourrait désormais l'en empêcher? Ce n'est pas assez que les différens

états se réunissent, il faut, avant tout, resserrer les liens de

fraternité entre les différentes classes de l'état; réprimer surtout le

petit nombre d'hommes qui n'aiment la liberté que pour arriver à une

révolution: ils sont ses plus grands ennemis, et ils prennent toute

espèce de figures pour remplir leurs desseins perfides.

L'armée française ne souffrira jamais que la liberté en Italie soit

couverte de crimes. Vous pouvez, vous devez être libres sans révolution,

sans courir les chances et sans éprouver les malheurs qu'a éprouvés le

peuple français. Protégez les propriétés et les personnes, et inspirez

à vos compatriotes l'amour et le respect des lois et des vertus

guerrières, qui défendent et protégent les républiques et la liberté.

La scène que plusieurs mauvais sujets se sont permise envers le citoyen

Greppi, a jeté des craintes et inspiré une terreur que vous devez vous

efforcer de dissiper. Comprimez les malveillans, mais n'accoutumez pas

un petit nombre de personnes à s'intituler le peuple et à commettre des

crimes en son nom.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 619 / 899 题