Au quartier-général à Milan, le 20 frimaire an 5 (10 décembre 1796).
_À monsieur le provéditeur-général de la république de Venise, à
Brescia_.
Si j'ai été surpris, monsieur, du ton de la dernière note que l'on m'a
envoyée à Verone, c'est que, comme son extrême exagération est
évidente à tous les yeux, j'ai pensé qu'elle pouvait être le fait d'un
commencement de système: la conduite tenue envers l'armée de M. Alvinzi
m'en fournissait une preuve assez naturelle. Quoi qu'il en soit,
monsieur, l'armée française suivra la ligne qu'elle a tenue depuis
le principe de la campagne, et l'on n'oubliera jamais de punir
exemplairement les soldats qui pourraient s'éloigner des règles d'une
sévère discipline.
Je vous demande seulement, monsieur, que vous vouliez bien engager les
gouverneurs qui sont sous vos ordres, lorsqu'ils auront des plaintes à
me faire, à m'indiquer simplement ce qu'ils voudraient que l'on fît,
sans les noyer dans un tas de fables. Vous me trouverez au reste
toujours disposé à vous donner des preuves des sentimens, etc.