Au quartier-général à Milan, le 11 vendémiaire an 5 (2 octobre 1796).
_Au chef de l'état-major._
J'apprends, citoyen général, que plusieurs négocians génois, en
conséquence d'une intrigue, sont sortis avec grand fracas de Gênes, et
se sont réfugiés à Milan, laissant entrevoir qu'ils sont instruits que
les Français doivent bombarder Gênes. Vous voudrez bien leur donner
ordre de sortir sur-le-champ de la Lombardie, et de retourner à Gênes,
ayant à coeur d'ôter aux malveillans les moyens d'inquiéter le brave
peuple de Gênes, auquel l'armée d'Italie a des obligations essentielles,
tant pour les blés qu'il nous a procurés dans les momens de détresse,
que par l'amitié que, de tout temps, il a témoignée pour la république.
Dans ce moment, où ils viennent de fermer leur port aux Anglais et de
chasser le ministre de l'empereur qui avait fomenté la rébellion des
fiefs impériaux, ils ont des droits plus particuliers à la protection de
la république française.