Au quartier-général à Milan, le 5e jour complémentaire an 4 (21
septembre 1796).
_À sa majesté le roi de Sardaigne._
Les officiers préposés par votre majesté pour commander en la partie de
ses états qui lui a été restituée par le traité de paix, voient, sinon
avec plaisir, au moins avec indifférence, les assassinats et les
brigandages qui se commettent contre les Français.
Par le traité de paix conclu entre votre majesté et la république
française, la république devait continuer à occuper la partie de ces
états qui avait été laissée à l'armée par le traité d'armistice:
croyant faire quelque chose d'agréable à votre majesté, je lui ai
rendu non-seulement le gouvernement civil, mais encore le gouvernement
militaire, avec la clause spéciale que les routes seraient gardées, et
que même nos convois seraient escortés par ses troupes.
Je prie donc votre majesté de vouloir bien ordonner que l'on tienne
un corps de troupes respectable aux villages de Limon et de Limonais,
lequel ferait des patrouilles jusqu'à Lacas, escortant les convois, et
prenant toutes les mesures nécessaires pour maintenir cette route sûre,
ainsi que Vadier, et généralement dans tous les pays voisins de Demont,
formant la communication de Coni à Barcelonnette.
Je demande également à votre majesté que les cinq individus qui ont été
arrêtés à Borgo-San-Dalmazzo par les Français, soient remis entre les
mains du commandant militaire à Coni.
Je la prie également de donner les ordres à ses différens gouverneurs,
pour qu'ils s'emploient avec loyauté à faire arrêter les brigands, dans
quelques endroits qu'ils soient trouvés.
Indépendamment de l'intérêt de l'humanité et de la justice, votre
majesté donnera, par cette conduite, une preuve de sa loyauté, et
contribuera à éteindre ces germes de discorde, qui finiraient par se
propager dans l'intérieur de ses états.