Au quartier-général à Brescia, le 26 thermidor an 4 (13 août 1796).
_Du même au directoire exécutif._
Je crois utile, citoyens directeurs, de vous donner mon opinion sur les
généraux employés à cette armée. Vous verrez qu'il en est fort peu qui
peuvent me servir.
BERTHIER: talens, activité, courage, caractère, tout pour lui.
AUGEREAU: beaucoup de caractère, de courage, de fermeté, d'activité;
a l'habitude de la guerre, est aimé du soldat, heureux dans ses
opérations.
MASSÉNA: actif, infatigable, a de l'audace, du coup d'oeil et de la
promptitude à se décider.
SERRURIER: se bat en soldat, ne prend rien sur lui, ferme, n'a pas assez
bonne opinion de ses troupes; est malade.
DESPINOIS: mou, sans activité, sans audace, n'a pas l'état de la guerre,
n'est pas aimé du soldat, ne se bat pas à sa tête; a d'ailleurs de la
hauteur, de l'esprit et des principes politiques sains: bon à commander
dans l'intérieur.
SAURET: bon, très-bon soldat, pas assez éclairé pour être général, peu
heureux.
ABATTUCCI[11]: pas bon à commander cinquante hommes.
[Footnote 11: Vieux général de division, oncle du brave général
Abattucci, mort au siège d'Huningue, en 1797.]
GARNIER, MEUNIER, CASABIANCA: incapables, pas bons à commander un
bataillon dans une guerre aussi active et aussi sérieuse que celle-ci.
MACQUART: brave homme, pas de talens, vif.
GAUTHIER: bon pour un bureau, n'a jamais fait la guerre.
Vaubois et Sahuguet étaient employés dans les places, je viens de
les faire venir à l'année: j'apprendrai à les apprécier; ils se sont
très-bien acquittés de ce que je leur ai confié jusqu'ici; mais
l'exemple du général Despinois, qui était très-bien à Milan et très-mal
à la tête de sa division, m'ordonne de juger les hommes d'après leurs
actions.