Au quartier-général à Brescia, le 26 thermidor an 4 (13 août 1796).
_Du même au directoire exécutif._
Les bijoux et diamans que l'armée a envoyés à Gênes, et qui, depuis,
étaient en route pour Paris, et que l'on a fait rétrograder à Gênes,
doivent valoir au moins deux ou trois millions; cependant on n'en a
offert à Gênes que 400,000 fr. Je crois qu'il est de l'intérêt de la
république que ces objets précieux soient transportés à Paris. Le grand
nombre d'étrangers qui sont dans cette capitale rendront la vente de ces
objets plus fructueuse; d'ailleurs, j'apprends que la compagnie Flachat
doit les prendre pour 400,000 fr. Ce serait une affaire ruineuse pour le
gouvernement.
J'avais fait mettre en séquestre les biens des Napolitains à Livourne.
Le commissaire du gouvernement, à ce que m'écrit le consul, a fait lever
ce séquestre; cependant cela aurait été un bon article du traité de
paix. Cette cour de Naples se conduit mal: les Napolitains qui sont ici
se sont très-mal conduits pendant nos événemens militaires, et je pense
qu'il serait dangereux qu'ils continuassent à y rester. M. Pignatelli
est-il à Paris? Les négociations de paix sont-elles commencées? Si
cela n'est pas, je crois que nous avons le droit de séquestrer cette
cavalerie. Il y a deux mille chevaux.
On dit que le roi de Naples s'avance sur le territoire du pape. Je lui
ai fait signifier que s'il s'avançait sur le terrain de Sa Sainteté,
l'armistice serait nul, et que je marcherais pour couvrir Rome.
La cour de Rome a cru l'armée perdue, et déjà elle avait envoyé un légat
à Ferrare. La municipalité et la garde de cette ville se sont bien
conduites et ont refusé de le recevoir. Je viens d'ordonner au cardinal
de se rendre à mon quartier-général.