Au quartier-général à Brescia, le 26 thermidor an 4 (13 août 1796).
_Bonaparte, général en chef, au directoire exécutif_.
L'ennemi, après sa retraite, occupait en force la Corona et Monte-Baldo;
il paraissait vouloir s'y soutenir. Masséna y a marché le 24 thermidor,
s'est emparé de Monte-Baldo, de la Corona, de Preaboco, a pris sept
pièces de canon et fait quatre cents prisonniers. Il se loue beaucoup de
la trente-huitième demi-brigade d'infanterie légère, de son aide-de-camp
Rey, et de son adjudant-général Chabran.
Le 25, j'ai ordonné au général Sauret et au général de brigade
Saint-Hilaire de se rendre à la Rocca d'Anfo, où l'ennemi paraissait
vouloir tenir. Cette opération a réussi; nous avons forcé la Rocca
d'Anfo, rencontré l'ennemi à Lodrone: après un léger combat, nous avons
pris ses bagages, six pièces de canon et onze cents prisonniers.
Augereau a passé l'Adige, a poussé l'ennemi sur Roveredo, et a fait
quelques centaines de prisonniers. L'ennemi a dans Mantoue quatre mille
malades; dans ce mois, les environs de cette place sont pestilentiels,
et je me borne à y placer des camps d'observation qui tiennent la
garnison dans les limites.
Si une division de l'armée du Rhin peut venir prendre position à
Inspruck et jeter l'ennemi sur la droite, je me porterai à Trieste, je
ferai sauter son port et saccager la ville.
Si l'armée de Sambre-et-Meuse arrive au Danube, que celle du Rhin puisse
être en forces à Inspruck, je marcherai sur Vienne par le chemin
de Trieste, et alors nous aurons le temps de retirer les immenses
ressources que contient cette place.
Le premier projet peut s'exécuter de suite; pour le second, il faudrait
une bonne bataille qui éparpillât le prince Charles, comme j'ai
éparpillé Wurmser, et de suite marcher tous sur Vienne.
La chaleur est excessive. J'ai quinze mille malades, peu, très-peu de
mortalités.
J'attends les secours que vous m'annoncez; il n'est encore arrivé que
très-peu de choses.