BONAPARTE.

Au quartier-général à Castiglione, le 4 thermidor an 4 (22 juillet

1796).

_Au directoire exécutif_.

Je vous ai instruit, citoyens directeurs, que j'ai fait passer en Corse

une vingtaine de réfugiés.

J'ai ordonné au général de division Gentili et aux généraux de Casalta

et Cervoni de se rendre à Livourne, d'où ils partiront pour se mettre

à la tête des insurgés. Le général Gentili qui se trouve avoir ce

commandement, est un homme sage, prudent, ayant l'estime des personnes

du pays et la confiance des montagnards.

J'ordonne à la gendarmerie du département de Corse, de cent

quatre-vingts hommes, tous du pays, de se rendre à Livourne, d'où je les

ferai également passer: cela joint à quatre mille fusils de chasse,

à six milliers de poudre, nous donnera tout l'intérieur du pays; dès

l'instant que tout cela sera organisé, j'y ferai passer une compagnie de

canonniers avec cinq à six pièces de montagnes, avec quoi il est facile

que l'on puisse s'emparer de Saint-Florent qui n'a aucune fortification

permanente. Ce port pris, les Anglais n'ont plus d'intérêt à tenir

les autres; d'ailleurs, les habitans d'Ajaccio et de Bastia sont

très-impatiens du joug anglais.

Je vous prie de vouloir bien me faire connaître si vous trouverez

de l'inconvénient à accorder une amnistie générale au peuple de ce

département, hormis aux principaux chefs.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 491 / 899 题