Au quartier-général à Castiglione, le 3 thermidor an 4 (21 juillet
1796).
_Au citoyen Cacault._
Vous voudrez bien, en conséquence d'une lettre adressée au cardinal
secrétaire d'état des affaires étrangères de Sa Sainteté, exiger un
ordre du pape pour le commandant d'Ancône, afin qu'il reçoive la
garnison que j'y enverrai.
Vous ferez partir les 5,000,000 qui doivent former le premier paiement;
savoir, 2,000,000 au quartier-général, dont reçu sera donné par le
payeur de l'armée, et le reste à Tortone. Il faudra que le premier
convoi se mette en marche de Rome vingt-quatre heures après votre
arrivée.
Les 500,000 qui doivent former le second paiement devront partir de Rome
peu de jours après les premiers, puisque, selon l'armistice, ils doivent
partir le 5 thermidor.
Les 5,500,000 liv. qui forment le dernier paiement, doivent partir de
Rome le 5 vendémiaire.
Les savans et artistes qui doivent faire le choix des tableaux,
manuscrits et statues, s'adresseront à vous, et vous leur donnerez la
protection nécessaire en faisant les démarches qu'il conviendra. S'il
était utile, pour les frais de transport, de donner des fonds aux
artistes, vous les feriez prendre sur les fonds provenant des
contributions du pape.
Sur 5,500,000 liv. que le pape doit nous fournir en dernier paiement,
4,000,000 sont destinés pour la marine. Le ministre de la marine doit
envoyer, à cet effet, des commissaires.
Vous préviendrez, en attendant, pour que l'on prépare des chanvres, des
bois et autres objets de construction de cette nature.
Les 1,500,000 liv. restant seront fournis en chevaux et draps pour
habiller les troupes. Vous demanderez en conséquence quatre cents
chevaux, taille de hussards; quatre cents, taille de dragons, et six
cents de charrois, qui seront transférés à Milan, où l'estimation en
sera faite entre le général Baurevoir, chargé des dépôts de l'armée,
et les experts envoyés par le pape; pour le reste, des draps bleus et
blancs pour habiller nos troupes.
Vous demanderez la liberté de tous les hommes qui sont arrêtés à Rome
pour leurs opinions, et notamment pour les personnes dénommées dans la
liste ci-jointe, ainsi que pour le citoyen Labrousse de Bordeaux.
En conséquence de la décision du directoire et de la commission,
arrêtée à Florence par M. d'Azara, le pape se trouve tenu de payer les
contributions qui avaient été imposées sur la légation de Ravenne,
montant à 1,200,000 francs en denrées et 1,200,000 francs en argent.